mardi 17 janvier 2012

Ce cas (t) où Phil lit

Bon eh bien c’est pas tout ça, on s’y remet. Dans la joie.

(Notons que « joie » et « flemme de faire une intro potable » sont ici synonymes.)

En farfouillant, de-ci de-là, j’ai réussi à vous rapporter, pantelants lecteurs, des expressions rigolotes, cette fois-ci se rapportant à l’hilarant sujet qui se me te vous fait rigoler à tous les coups : la papauté.

Ce qu’on va rigoler, dites-donc, are-are.

Rare comme de la m**** de pape

Nul besoin de prouver par de laborieuses démonstrations que cette expression, outre son anticléricalisme latent, évoque le fin du fin de la rareté. Y a pas trente-six papes, et, même s’ils étaient tous super réguliers, un échantillon de selle de saint-siège* vaudrait encore largement son pesant de…enfin, de quelque chose de plus rare encore.

Cela dit, cette expression a entamé un glissement sémantique quand, en 1468, le pape Paul II, victime d’on ne sait quelle humeur ou cuisine douteuse, fut pris de mouvements intestinaux aussi intempestifs que persistants, de telle sorte que les commis aux Très Saints Pots de chambre et autres responsables de la gestion des Infaillibles Défécations utilisèrent cette expression avec ironie (et poussèrent l’odieux à appeler le pape « Paul ‘numéro deux’ » dans son dos). Sans parler de la dévaluation du cours de la selle consacrée qui a causé du tort au Vatican, dont l'économie reposait sur cette exportation (c'était pas encore la bourse du carbone, mais pour l'époque c'était pas mal).

-« C’est fou ces sauterelles, il y en a partout! On dirait de la m*** de pape! »

-« Pas moyen de faire un pas sans tomber sur un lépreux! Ils sont rares comme de la m*** de pape, ces connards! »

« Fun fact » : Pendant les règnes où le pape se faisait appeler Pie, l’expression devenait « Rare comme de la fiente de pape »**.

Être plus catholique que le pape

Celle-là aussi est assez connue : se dit de quelqu’un de pointilleux à l’extrême, faisant montre de zèle, etc., on va pas en parler jusqu’à demain, vous avez mordu le topo.

Cependant, à l’instar de l’expression précédente, cette tournure a également été utilisée à contre-courant lors du règne plutôt, euh, pittoresque de Jean XII (955 – 963). Pour la petite histoire, on reproche à M. XII quelques trucs pas nets (conversion d’un de ses châteaux en bordels, viols, vol d’objets sacrés, invocation des dieux païens pendant des parties de dés, etc. Il serait mort sous les coups d’un mari que Jean aurait cocufié (ah, et Johnny était possiblement athée aussi, mais bon)). Il est donc naturel que, dans un tel état de laisser-aller éthico-religieux, l’expression se modifiât un tantisoit.

Pendant son pontificat, l’expression s’employait joyeusement :

-« Allons vieux, laissons les survivants s’enfuir, on a déjà brûlé leur village et tué leurs bêtes, pas besoin d’être plus catholique que le pape ».

-« Chéri, tu as encore bu avec tes potes? Un de ces jours, tu finiras plus catholique que le pape. »

Maintenant, c’est avec joie que je vous dis à la prochaine!

__________
*Lol – vous avez vu? Siège, siège, deux fois le même mot, mais pas le même sens, ah c’est la grande forme malgré l’absence, dites-donc.

**Authentique***

***Apocryphe

samedi 14 janvier 2012

Féminisme linguistique en France : la règle de proximité

Dans un excellent texte publié aujourd’hui dans Le Monde, Anne Chemin nous rappelle que le masculin ne l’a pas toujours « emporté sur le féminin ». On y apprend en effet que la règle grevissienne inutilement sexiste qui considère le masculin comme le « genre indifférencié » (le genre normal, qui évoque le sexe normal, qui caractérise l’humain normal) s’est imposée au début du XVIIe siècle. Et cela, pour des raisons liées à l’idéologie ambiante de l’époque :

« Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle »*.

En latin, en grec classique, en ancien français puis en français classique, poursuit Anne Chemin, la règle de proximité, logique et égalitaire, voulait qu’on accorde plutôt l’adjectif avec le nom le plus proche. Cet ancien usage n’a pas échappé à des féministes françaises, qui ont lancé cette pétition :

Pour que les hommes et les femmes soient belles!


Ça, c'est fait.

______________________________________

* Citation du grammairien Nicolas Beauzier, rapportée par Anne Chemin.


Références :


CHEMIN, Anne. «Genre, le désaccord», Le Monde, 14 janvier 2012, [En ligne], www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/14/genre-le-desaccord_1629145_3224.html#xtor=RSS-3208 (Page consultée le 14 janvier 2012).

PETITIONS24.NET. «Pour que les hommes et les femmes soient belles», [pétition en ligne], www.petitions24.net/regleproximite (Page consultée le 14 janvier 2012).

mercredi 4 janvier 2012

Étonner ou Surprendre


Usages modernes

En français moderne, Étonner et Surprendre sont interchangeables dans de nombreux contextes. Selon Multi, dans l'une de ses acceptions, Étonner signifie « Causer la surprise » et Suprendre, sans surprise (!), signifie « Étonner ».  Des synonymes, donc.

Le petit supplément de force que l'on perçoit pourtant dans Surprendre se laisse définir plus précisément par le Petit Robert : « Frapper l'esprit en se présentant sans être attendu ou en étant autre que ce qu'on attendait ».

Étymologie

En français classique, pourtant,  le sens de Étonner était beaucoup plus fort : « Donner une violente commotion par la surprise », alors que Surprendre signifiait, plus modérément, « saisir à l'improviste » ou « gagner par la fraude » (Petit Robert).

Selon le Robert historique de la langue françaiseÉtonner vient du latin populaire Extonare, qui signifie « foudroyer ». Le sens propre orageux (la « foudre ») a naturellement, par la suite, donné lieu au sens figuré (l'« émotion violente »), qui s'est maintenu jusqu'au français classique, pour s'affaiblir ensuite vers le sens moderne.

Selon la même source, Surprendre est un composé artificiel de l'ancien français joignant le préfixe sor-  et le radical prendre. Jusqu'au xviie siècle, le vocable a signifié « prendre au dépourvu », avant de s'enrichir de son sens moderne.

Racines indo-européennes

Le tonare latin connaît des équivalents dans nombre de langues européennes (tanyati, en védique; tundar, en persan; thunder, en anglais...) qui révèlent une racine indo-européenne tenƌ.

Le verbe prendre de l'ancien français provient, quant à lui, du latin prehendere, dont la racine indo-européenne est incertaine. La comparaison avec des formes issues de l'albanais, du ghotique et du vieil islandais on amené les linguistes à postuler une double racine ghed (« trouver, atteindre ») et ghend (« contenir », « être trouvé »). (Robert historique de la langue française)

vendredi 21 janvier 2011

J'ai fait un rêve

___





Sans commentaire.

___

mardi 16 novembre 2010

Traducteur's hell


vendredi 22 octobre 2010

Chrono-nique

(merci Chris Madden pour l'image, www.chrismadden.com.uk)

J’aime bien le site xkcd.com. La preuve que ca prend pas de talent en dessin pour faire des dessins drôles, ou de sujet pour bloguer. Un jour, parut sur ce site, ceci : http://xkcd.com/794/.


Pour ceux z’et celles qui peuvent tenir des soirées entières avec que des répliques de François Pérusse, Louis de Funès ou Denise Bombardier (mais ce qu’on doit s’emm...nuyer dans celles-là*, dont je suis, et comme je suis friand de références semi-obscures, insides et autres beurrées de camembert simili-culturel sur la baguette d’interlocuteurs vaguement impressionnés, je me suis dit qu’effectivement, ce phénomène de référencement doit remonter à avant les Simpsons. De même, certaines expressions surannées ou vieillies ont dû, dans leur heure de gloire, avoir des significations différentes que celles desquelles de dont qu'on les affuble en ce jour d’hui.


Bonne nouvelle, alléchés et alléchants lecteurs : j’en ai trouvé :

Copernic : Bon vieux et attachant Cop’, qui a inventé l’équivalent du moon** en se retournant avant de formuler son « Et pourtant elle tourne, bande de cons »***. Ce geste d’éclat lui a valu une expression populaire qui, on s’en doute, a pris une tournure péjorative (l’Église voulant sans doute le discréditer, les affreux).


Se dédire d’un engagement, d’une parole. J’ai dit que je serais là à 8 h, mais elle m’a posé un Copernic. Isaac doit 30 lires à ma maman et fait semblant d’oublier – Je crois qu’il a coperniqué ta mère, mon vieux.

Pluton : récemment, on a utilisé le terme Plutoniser pour dire qu’on se débarrasse de quelque chose, qu’on rétrograde quelqu’un (en référence au passage de Pluton à la définition d’exoplanète, et non plus de membre full membership du système solaire). Cependant, à l’origine de sa découverte en 1930, donc de son inclusion dans le « solar club », plutoniser avait exactement la définition inverse : s’inclure, et par extension, s’incruster.


On avait organisé une teuf privée, mais cette raclure de Rebecca s’est plutonisée.

Colomb : « cet oeuf de Colomb », comme l’a à peu près dit Greg, a eu droit lui aussi à son expression...mais la nature humaine étant ce qu’elle est, on n’a pas choisi une tournure qui était flatteuse pour le découvreur du Nouveau Monde (après les Vikings et les Élohims). D’ailleurs, comment être flatteur envers un mec qui va se balancer dans le vide sidéral, où la Terre s’arrête?
Arrête de faire le Colomb, sinon je t’en colle une paire. (Notons que Colomb, Colon et Clown ont une proximité amusante, que quelqu’un me prête son dico étymologique, merci, je le rapporte la semaine prochaine).

Le roi Salomon : Oui ben les blagues et les tournures référencées, ça date pas d’hier (Lascaux n’est-elle pas la première BD, l’ancêtre de Jackass 3D?). Aussi le sage et over-pragmatique monarque a-t-il fait l’objet d’une expression soulignant à peine l’incompréhension de ses sujets quand il a fait le coup du bébé en deux :


Prendre au pied de la lettre, obstinément; être obtus (et aimer accessoirement jouer du couteau). Le douanier à la frontière de Judée a ouvert la deuxième bosse de mon chameau, parce qu’il la trouvait suspecte : l’est con comme Salomon çui-là.

Tiens, restons dans le biblique, et jouons un peu : saurez-vous dire à quel savoureux épisode de l’Ancien Testament l’expression suivante réfère-t-elle?


Une nuée de sauterelles vaut mieux que deux anges de la mort qui vont te choper ton premier-né.

Revenons plus près de chez nous, chronologiquement. Certaines spécialités ont des expressions, des termes bien à eux : il est donc naturel qu’une tournure liée à certains corps de métier (d’ailleurs, pourquoi corps?) se développent, et soient incomprises des profanes. Ainsi, les bourreaux et autres exécuteurs, du bon vieux temps où inquisitions et guerres de religion (tiens, j’aurais pu faire un lien avec plus haut, trop tard) les tenaient loin du chômage et des désagréableries qu’ils dispensaient eux-même allègrement, avaient une expression bien à eux :

Ça brûle! (aujourd’hui, on dirait « Ça baigne ») : Ça va Georges? – Oui! On a du travail, on ne meurt pas du scorbut, ça brûle dans l’huile.


Le hic, c’est que quand ils se disaient ça, les gens avaient beau demander ce que ça voulait dire, ils étaient trop occupés à hurler sur un bûcher ou à se faire écarteler pour le dire aux autres.

Tiens, tuons le reste de cohérence et remontons à un dernier exemple sans chronologie aucune : le bon vieux canasson de Troie. Pendant un trop bref instant (entre quand ils ont trouvé le cheval et après l’avoir ramené en ville), on fêtait et se réjouissait :


Recevoir un présent, une récompense après un effort, un siège : Ce cheval de Troie déchire sa race! La preuve qu’on parlera toujours des Troyens comme des gens rusés et pas cons tralalère!
(À noter que cette expression n’a été utilisée qu’une seule fois.)

Bien sûr, des expressions, j’en ai trouvé des tas (notemment un répertoire inépuisable sur le pape Pie VII), mais j’en ai assez fait pour aujourd’hui et en plus j’ai même pas le temps de faire une conclusion.
_____
* oui c’est là que va la parenthèse fermante, avouez que ca vous a titillé. ).
** Se montrer les fesses dans le but de marquer un dédain qui ma foi n’a pas froid aux yeux.

***C'était Galilée? Ah bon. Mais les deux étaient plutôt d'accord, et en plus cet aparté serait apocryphe selon wiki, et si vous voulez bien arrêter de fiche en l'air mes jeux de mots, merci, ça rendrait service.

mardi 12 octobre 2010

Boutez le français hors de France!

Notre langue française, réputée difficile, est défendue en France par les antiquaires et au Québec, par les fonctionnaires. Dans le premier cas, les militants pour sa pérennité sont perçus par les modernes comme des passéistes ombrageux et dans le second, comme des extrémistes politiques. Tout ça pour dire que la protection du français, langue de travail, rencontre les résistances que lʼon sait au coeur de ses anciens bastions, commerce oblige, et lʼon a suffisamment déploré ce fait pour que le rappel soit bref.

Ce que lʼon sait moins, cʼest que le français connaît une expansion fulgurante en tant que langue de travail en Afrique, mais aussi en Asie, au point que le nombre de ses locuteurs, à lʼinstar de la population mondiale, atteint des sommets inédits.

Voilà la nouvelle qui découle de la grande étude réalisée par lʼOrganisation internationale de la francophonie dans La langue française dans le monde, 2010.


____________________________________________

Références

Le Devoir (par Christian Rioux)
Europe1
Actualitté (par Victor de Sepausy)
Le Soleil (par Gilbert Lavoie)
Radio-Canada

mardi 28 septembre 2010

Rentrée langagière: bêtisier


Septembre. Au mois 1 du cycle annuel de ce que nos médias se plaisent à appeler les «débats sur la langue», lecteurs et chroniqueurs (surtout lecteurs, finalement) sʼéclatent sur les périphéries de lʼactualité aux quatre coins du Web francophone. Rebelote pour les lieux communs, donc. Qui déplore un «phénomène inquiétant», tombant des nues; qui sʼextasie sur la beauté de sa langue. La rengaine. Mais quelques trouvailles aussi, rafraîchissantes.

Mes préférées:

«La maitrise de l’orthographe est devenue un fléau chez les jeunes mais aussi dans le monde professionnel.»
(GazetteInfo, 28 septembre 2010, Dijon)

Un fléau bien timide encore, dʼaprès Le Faso:

«Depuis quelques années, nous assistons à un phénomène inquiétant: celui de la baisse du niveau de maîtrise de la langue française.»
(Le Faso, 3 septembre, Ouagadougou)


(Cʼest ça, quʼelle voulait dire, lʼobscure Gazette de Dijon, au début?)

Fine analyse. Mais encore:

«Tout cela parce que, quelque part, tout ce qui relève de la langue et de la littérature, [sic] est considéré comme l’apanage des gens moins intelligents, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas capables de faire les maths, la physique, etc. Aucun effort n’est pratiquement fourni par les usagers du français, pour améliorer leur maniement de la langue.»
(Idem)

Vexant, non?

Chez les excellents et toujours pertinents correcteurs du Monde, on se permet aussi lʼhypothèse farfelue:

«Curieuse évolution, que l’on pourrait qualifier d’"accord pluriel de proximité", qui voit le verbe, normalement au singulier, se chercher un sujet fantaisiste plus proche que le sien propre, du moment qu’il est au pluriel. Un autre symptôme de cette inflation du pluriel que l’on constate partout.»
(Langue Sauce piquante, Juillet 2010)

Là, je soupçonne lʼironie. On taquine gentiment les rédacteurs pressés qui massacrent lʼorthographe grammaticale: cʼest de bonne guerre! «Accord de proximité»... Désignation flatteuse pour le résultat dʼune absence dʼanalyse grammaticale, comme si lʼon souhaitait attribuer à lʼauteur de la faute une certaine rationalité dans ce petit crime.

Plus insensibles à lʼhumour sont parfois les lecteurs. Ici, Dimitri Boisdet sʼalarme des «constats» précédents:

«Agissons plutôt quand il le faut, comme face à des évolutions grossières parmi lesquelles cette tendance nouvelle à ne plus accorder le verbe avec son sujet, pourtant b-a ba de la grammaire.»
(LeMonde.fr, Chronique dʼabonnés,
«La langue française en danger?», 12 septembre 2010)

Et platement confond, comme vous surement, le français et son orthographe; cet improbable et malheureux système de rustines graphiques (accompagné de son corrollaire, la Faute) mis en place à la va-comme-je-te-pousse pour les mauvaises raisons, dénaturant ainsi le système dʼécriture alphabétique quasi-universel qui était, à lʼorigine, celui du français.

«Dʼautres — intellectuels, linguistes, écrivains — prônent une simplification du français.»
(Idem)


Nʼimporte quoi, je vous dis.

À lʼopposé, pour une dose dʼhumour, de finesse et dʼintelligence, offrez-vous de temps en temps les observations hilarantes et commentaires de lecture de Benoît Melançon sur lʼOreille tendue; les chroniques linguistiques fouillées de Jacques Desrosiers, du BTB; les discussions linguistiques souvent de haut calibre du forum lʼABC de la langue française ou, pour la grande aventure, le voyage intérieur fascinant de Mario Périard, le Don Quichotte de lʼorthographe, sur Ortograf.net.

jeudi 9 septembre 2010

Photoshoppez ce cigare que je ne saurais voir

Le cigare de Fidel, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé?







Vous allez voir, je pars de loin, mais vous allez comprendre.

Petit a) : Y a un bout de temps déjà (le lien date de juin), débat, ire, manifs, chemises déchirées, et même un mec qui a tenté de sacrifier un poulet (le poulet a gagné). La raison : on osa modifier une photo historique de Churchill – bon, je sais pas pourquoi, j’ai pas lu l’article*, mais on a fait disparaître le cigare.

http://www.dailymail.co.uk/news/article-1286620/Churchill-non-smoker-How-todays-PC-censors-airbrushed-cigar.html

Ce qui est drôle, parce qu’il y a eu un autre chef d’État à qui on a reproché lourdement d’avoir fait disparaître les siens à l’intérieur d’un endroit jugé inapproprié (il avait pas photoshop, alors il a demandé à son assistante, qui a pris la chose en, euh, mains**). Mais on s’écarte.

Petit b) : En jasant langue, on m’a fait observer que le mot frugal n’avait pas le sens que je lui prêtais : je pensais qu’il était péjoratif, signifiait ‘peu, en quantité insuffisante’, et qu’un repas frugal n’était pris que par des moines qui se mortifient, des adeptes de famine, peste et autres pestiletielleries, et par Astérix chez les Bretons (« ça est frugal!?!?! »). J’errai, qu’on me dit, et on me fit observer que le sens propre est ‘simple, peu abondant’ (mais pas nécessairement ‘insuffisant’).

Vous me connaissez : ma mauvaise foi à la main, j’entreprends de justifier que cette méprise est la faute de la société, pas la mienne, que je ne suis que le jouet de mes sens abusés, qui s’attache à notre âme et la force d’aimer, et tout le saint-frusquin. Puis, voyant mes interloqués interlocuteurs arquer le sourcil en une pirouette qui signifie « tu frimes, Délèque », j’ai prétexté un sanglier sur le feu pour me pousser en douce.

Mais mine de rien, j’ai cogité. Et je me suis dit que j’ai eu un réflexe typiquement gros consommateur nord-américain qui vit dans l’abondance, qui surabuse de tout, qui te fait une empreinte carbone grosse comme ça et qui me te vous laisse rouler le moteur de son Hummer devant l’Institut des Orphelins Aveugles Ambylopes et Néanmoins Daltoniens qui ont Perdu leur Ti-chat Violemment Allergiques au Monoxyde de Carbone. Bref, qui a peut-être, sous l’influence de son environnement disons « culturel », inconsciemment modifié son vocabulaire selon sa perception de la réalité. Environnement de consommation et de crainte constante de manquer d’écarteurs d’orteils Hello Kitty = démonisation de toute idée évoquant le manque, le peu, le n’a pus.

Allez, on y est presque, pour ceux qui pensent encore au cigare.

Idée saugrenue qui m’apparut alors : si j’étais pas le seul? Si, « culturellement », on décidait, comme le cigare, de gommer les imperfections non seulement des photos, mais de, genre, lol, on rigole, là, mais de la littérature***? Si Cosette, on décidait qu’elle était en restructuration à cause de la dévaluation de ses titres adossés à du papier commercial? Qu’on ajoute à la biographie (ou la page wiki, tiens) de Gandhi qu’il était commandité par Mcdo? Que Raskolnikov, au lieu de dégommer la vieille, entame des négociations pour un assouplissement de la politique de la banque centrale? Que Job prie pour que le veto sur l’accord de libre-échange en Judée passe?

Je m’amuse, là, mais je pose la question quand même : l’environnement économico-culturel finira-t-il par rétro-interpréter et plurisémantiquer la logique métalangagière?

...quelqu’un a de l’aspirine?
______

*Vous pouvez le faire, vous, le simple fait que vous lisassiez ces lignes semble un bon indicateur du fait que vous avez à la fois une soif de culture débordante et une quantité appréciable de temps pour le faire, et je dis ça comme un compliment, sans jugement aucun, allez.

** Oui, on a décidé à ML de faire dans le salace, ça booste l’audimat.

***Je suis également dans une vache de période orwellio-huxleytoise (huxleyienne? huxleyesque?).

mardi 17 août 2010

Bienvenue au Kannada!

Considérant que la communauté tamoule parle une langue dravidienne, cousine, donc, du Kannada (télougou), Mauvaize langue! prie le gouvernement Harper de respirer par le nez dans le dossier «visite suprise».



Le lien est clair.

vendredi 6 août 2010

Sueurs froides

___



L'orthographe a ce pouvoir étrange consistant à hanter, parfois très longtemps, celui qui en fait un mauvais usage.


Oui, une faute d'orthographe peut vous poursuivre toute votre vie.

Absolument.


De là à dire que l'orthographe et la syntaxe sont des entités vivantes, il n'y a qu'un pas.



Combien de fois, des heures, même des années après un examen ardu, nous sommes-nous éveillés en pleine nuit avec, en tête, l'horrible vision d'horreur d'une grossière faute oubliée sur sa copie?




Horrible vision d'horreur




Jamais?


Bon.




Si cependant, tel est le cas, prière de laisser un commentaire détaillé.
Un groupe de soutien a été mis sur pied et vous aidera dans vos démarches.

Merci.

__

mercredi 21 juillet 2010

Sémantique ludique

Vous connaissez ce jeu amusant qui consiste, en lisant l’hébreu, à deviner les voyelles que, par parti pris ludique, on n’écrit plus que pour les enfants et les aveugles?


La communauté sémite n’est pas la seule à cultiver l’usage de la devinette systématique dans l’usage de sa langue. Nos cousins anglo-saxons, en effet, font de même en permettant l’agglutination débridée de noms, liés entre eux par des relations sémantiques tacites que le lecteur/interlocuteur non natif en est réduit à deviner (voire à inventer), sans préposition ni indice pour le guider dans son interprétation (sa construction?) du sens précis de la phrase.

Ce procédé syntaxique, bien qu’il puisse sembler, à première vue, pour un esprit français ultra-analytique, nuire au potentiel de précision des énoncés, comporte certains avantages: facile à apprendre et à utiliser, souple, robuste, laissant la porte ouverte à toutes les interprétations, cultivant un flou artistique reflétant bien le principe de liberté individuelle si cher à la culture anglo-saxonne.

On ne s’étonnera pas que certains milieux professionnels francophones en soient venus à l’adopter aussi dans la production de leur documentation technique.

Qu’est-ce, en fin de compte, qu’un «processus système»?

La réponse vous appartient.

mardi 6 juillet 2010

Un coup dur pour la OQLF way of life

La compétition entre les tenants québécois d’une terminologie financière purement française, d’une part, et ceux de l’emprunt systématique de termes techniques anglais, d’autre part, voit ces derniers gagner du terrain.

Par un rapport interne destiné aux employés du cabinet multinational de services financiers qui m’emploie, j’appends * que désormais, «vérification» s’inclinera devant «audit», et dans la même veine, que la plupart des termes financiers francisés par l’OQLF proposés comme alternatives à la terminologie anglaise communément utilisée par le reste de la francophonie (lire «la France») ne sont pas retenus par les entités décisionnelles des milieux financiers.

Un pas en avant pour l’efficacité communicationnelle internationale, deux en arrière pour la tradition française, la culture livresque, l’interventionnisme linguistique à la québécoise, la diversité.

À moins que les réviseurs linguistiques ** des cabinets internationaux ne s’engagent dans une guérilla terminologique à finir entre deux cafés, on est cuits les mecs!


_______________________________________________
* Ça fait plus d'un mois, déjà, mais la saison effervescente des services financiers ne m’a pas laissé le loisir, jusqu’ici, de vous faire part de la nouvelle.

* Ces réviseurs! Toujours prêts à courir au front pour la moindre virgule!

jeudi 10 juin 2010

Bernard Pivot

___


Profitons de ce blog langagier pour
vous entretenir de Bernard Pivot.





Grand amoureux de la langue et des livres, notre animateur eut,
à quelques reprises lors de son émission, à composer
(et cela n'est nullement incompatible, nous en convenons fort bien)
avec de singulières situations
en compagnie de tendres personnages, tels



Charles Bukowski.



Que ceci serve d'exemple à tous les amoureux de la langue et des lettres que nous sommes.

Une bonne fin de semaine à tous.


___

vendredi 4 juin 2010

La méprise


Mise en situation
Cette semaine, mon préambule sera une tranche de vie :

Correctrice pour une entreprise qui émet des documents officiels aux tournures vaguement légales, je m’étais par le passé gaussée de la tournure «y afférent(es)», dans une phrase comme : Je vous présente l’analyse et les autres documents y afférents (on sous-entend ici les documents afférents à l’analyse). Il m’apparaissait alors évident, sans trop y réfléchir, que la tournure correcte était soit …les documents afférents, soit …les documents y afférant, puisque je considérais y comme un pronom utilisé pour remplacer un complément de verbe, complément qui aurait suivi la préposition à : Je vais à MontréalJ’y vais; Je peux me fier à LouisJe peux m’y fier.

GREVISSE
«En et y sont pronoms personnels quand, représentant, soit un nom de chose ou d’animal, soit une idée, ils équivalent, le premier à un complément construit avec de, le second à un complément construit avec à ou dans(1)

Mon (pres)sentiment était donc qu’il fallait nécessairement qu’il y eût un verbe pour qu’on puisse utiliser y. Je ne concevais pas qu’on puisse utiliser pareil pronom avec un adjectif, et pour qu’afférent devienne verbe, il fallait alors qu’on l’utilise sous la forme d’un participe présent. J’attribuais donc l’erreur de la forme y afférent(es) à une vulgaire erreur basée sur le caractère identique, à l’oral, d’afférent et afférant. Tout semblait logique.

La méprise
Eh bien mes chers amis lecteurs, j’ignore combien d’entre vous étiez au courant de ce que je m’apprête à vous révéler au détour de l’hyperlien ci-dessous, mais il semble que j’étais dans l’erreur la plus totale et époustouflante et que la tournure y afférent(es), qui a d’abord suscité l’hilarité chez mes amis-z’et-collègues correcteurs et moi, est bel et bien correcte! Et pire encore, je découvre qu’une de mes suggestions de correction mentionnées plus haut est, elle, fautive. Comme quoi l’instinct du correcteur est parfois son pire ennemi!

L’explication
Si vous être prêts à vous laisser décoiffer et à remettre en question vos certitudes grammaticales, cliquez ici!

L’application
Le pronom y peut donc tout aussi bien être utilisé avec un adjectif qu’avec un verbe, pour autant que cet adjectif appelle un complément qui suit la préposition à : les informations relatives à ce travailles informations y relatives (détail amusant : aveuglée par la cohérence de mon analyse syntaxique initiale, j’avais d’abord négligé le fait que le verbe «afférer (à)» n’existe pas; impossible, donc, de créer la forme afférant).

J’adoooore notre belle langue française pour ça : alors qu’on croit en maîtriser presque toutes les finesses, elle nous surprend tout à coup avec des fioritures qui nous avaient échappé jusque-là. :) C’est là une belle leçon d’humilité, qui me rappelle qu'il est important de douter et qu’il est essentiel de toujours retourner aux sources.

-----
(1) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris, p.119, paragraphe 243.]

vendredi 21 mai 2010

L'orthographe et les déménagements

___


Dans nos sociétés, les gens peuvent se battre jusqu'à la mort pour une place de stationnement.


Mais installez un carton, précairement attaché à une stupide cordelette, avec l'inscription «Résèrver - Démainajement», et les automobilistes déguerpiront sans demander leur reste.


__

mardi 18 mai 2010

La règle grammaticale, enseigne-moi-la!


Cette semaine, une publicité télé m’a à nouveau fait friser les oreilles (vous me direz sûrement que c’est pcq j’écoute trop de télé que les oreilles me frisent…) : on y parlait de produits alimentaires préparés au Québec et l’annonce se terminait sur : «Procurez-vous-les!»

Convaincue qu’il s’agissait là d’une grossière erreur grammaticale (bien que la forme soit plutôt répandue à l’oral et pas nécessairement jugée fautive pour autant), j’ai empoigné mon Grevisse, cherchant avidement la règle qui donnerait tort à la pub.

GREVISSE
«Si un impératif sans négation a deux pronoms compléments d’objet, l’un direct, l’autre indirect, on place le complément d’objet direct le premier : Dites-le-moi.»(1)

«Ah ha!» me disai-je triomphante. …Jusqu’à ce que j’aperçoive la suite :

«Toutefois, il arrive qu’on ait l’ordre inverse : Rends-nous-les. (Hugo.)»(1)

Moi qui préfère quand les choses sont claires, inambiguës, j’ai été vaguement déçue de cet usage «flottant». Mais à vrai dire, j’étais aussi un peu sceptique. Ce qui m’a amenée à chercher d’autres références, sur le Web.

BANQUE DE DÉPANNAGE LINGUISTIQUE DE L’OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE (OQLF)
«Dans une phrase affirmative, lorsqu'un verbe à l'impératif est employé avec deux pronoms, celui qui est complément direct se place immédiatement après le verbe, suivi du pronom complément indirect. Notons qu'il y a un trait d'union entre le verbe et les pronoms. […]

Exemples :
- Ce livre est à nous. Rends-le-nous. (Rends-nous quoi? ce livre : le, mis pour livre, est complément direct; Rends ce livre à qui? à nous, complément indirect)
- Cette lettre est pour elles. Adresse-la-leur. (Adresse leur quoi? cette lettre : la, mis pour lettre, est complément direct; Adresse la lettre à qui? à leur, complément indirect)

[…]

On rencontre parfois l'inversion de l'ordre habituel des pronoms dans une phrase impérative, surtout à l'oral. Il est toutefois préférable d'éviter cet usage, surtout dans la langue écrite.

Exemples :
- Cet ouvrage est à moi. Donne-le-moi. (et non : donne-moi-le)
- Nous avons acheté des meubles ici il y a déjà trois semaines. Livrez-les-nous dès que possible. (et non : livrez-nous-les(2)

À L’OQLF, on recommande donc clairement d’éviter, au moins à l’écrit, la tournure entendue dans la pub (tournure «orale», me direz-vous? certes; par contre, le niveau de langue des pubs narrées se situe habituellement plus près de la langue écrite que de la langue orale). Dans les différents ouvrages didactiques sur le français que j’ai trouvés sur le Web, on semblait aussi abonder dans le sens de l’OQLF.

Il semble donc qu’il vaille mieux privilégier la forme verbe-COD-COI à l’écrit (ou en contexte plus «formel»), alors que les formes verbe-COD-COI et verbe-COI-COD concurrencent à l’oral.

-----
(1) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris, p.116.]
(2) http://66.46.185.79/bdl/gabarit_bdl.asp?id=4206

vendredi 7 mai 2010

Back from the actus, et déjantement subséquent (vous avez l’habitude)

Voici ce qui arrive quand des linguistes (aussi connus sous le charmant vocable « bêtes de fun » ou « M. et Mme Party »)*, et fonctionnaires, de surcroît, (alors là on déjante, c’est Lollapalooza fois Woodstock à la puissance Ta première cuite comme mégateuf) unissent leurs cogitations :


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/03/31/01016-20100331ARTFIG00455-des-mots-originaux-pour-lutter-contre-les-anglicismes-.php


Bon, tout sarcasme à part, chouette idée, non? On fait un concours, on trie des professionnels, des Académiciens (pas Starac’, là...), des joueux-avec-la-langue (McSolaar, quand même, non mais hein, quoi), on fait tout un tintouin, battage médiatique, on propose des cadeaux, des voyages dans les Îles ou du Botox (j’ai pas lu tout l’article, mais ça semblait se diriger vers ça), du coup, hop, ça amuse, ça reste en tête, et les ceux-qui-s’en-balaieraient-hystériquement-le-nombril-avec-le-balai-brosse-de-l’indifférence-à-vitesse-grand-V-tellement-qu’ils-s’en-non-mais-telllllement-qu’ils-s’en-fichent-avec-l’énergie-du-désemparement-proche-de-l’auto-trépanation-à-coup-de-rabot, ben ils se sentent interpellés, se disent, tiens, oui, c’est bête, c’est des mots anglais, autres, faudrait trouver keuk chose tiens, lol, ramdam, c’est pas con.


Voilà ce qui arrive quand j’essaie d’être sérieux tout en étant infoutu de cerner mon sujet.


DONC, bin je trouve l’idée géniale : faire appel au Peuple, l’inclure dans cet ouvrage, la Langue, dont il est quand même l’artisan, quoiqu’en dise l’Académie (NAON, pas Starac’). Moi je trouve ça gentil, ça conscientise, et si ça peut diminuer le sentiment d’impuissance des gens ordinaires (le « vrai monde », qui vaincra, vous verrez, braves gens, ah, ça ira) par rapport à l’hydre de la grammaire, de la conjugaison et de tout le bouzin, bin tant mieux. Se sentir interpellé, c’est se sentir inclus, et ça encourage la participation. Tant mieux.


Ceci dit, vous avez remarqué le terme choisi pour remplacer buzz? Ramdam. Mot d’origine arabe. Ce qui est chouette : preuve que le réflexe freedom fries, dans un monde qui s’amuse à casser de plus en plus du minaret, s’estompe. Que l’arabophobie présente une brèche. Que, inconciemment ou non, on reconnaît l’apport culturel, technique et linguistique de cette culture, et qu’elle fait partie de la nôtre.


Tous ensemble : We are the world.


Bon, envolée humaniste ici, ça doit être le muscadet. Ou une jeunesse de débauche. M’enfin.
Ceci dit, y en a des qui crieront : « Oué, mais là, c’est un mot qui vient de l’arabe, ça reste même pas français, meuh. »


À ceux-là, je dirais que le génie du français aurait pas atteint son zénith** sans toutes les influences, parmi lesquelles celle des reubeus n’est pas la moindre, et qu’il faudrait arrêter de leur casser du sucre** sur le dos, qu’ils peuvent arrêter de faire le caïd** ou les zouaves**, c’est maboul**, et que le protectionnisme, qui mène à l’eugénisme, puis fatalement à la consanguinité linguistique, ben ça me donne le cafard** et c’est zéro***.


____
*Quoique.


** Ceux qui aiment l’étymologie doivent rigoler; les autres, ben j’ai mis assez de mots qui étaient arabes à l’origine pour comprendre la manœuvre. Subtil, non. Efficace, sais pas (mais j’en doute).


***Oui, le zéro c’est un chiffre. Dit « Arabe ». C’qu’on en apprend des trucs.

Sans commentaire

___






___

mercredi 5 mai 2010

Playoffs et jambon-beurre


Pélagie est toujours un peu en retard dans les nouvelles.
Époque:
Fin avril.
Printemps québécois louchement clément aux nuances radioactives.
Mais frisquet dans les Europes. Revanche.

Contexte:
Férocisation des chicanes linguistiques en Bruxellie.
Ringardisation de la langue française en Francie: t’es in ou t’es out.
Floklorisation politiquement programmée de la même en Canadie.
Marginalisation de la Francie en Francophonie.

Lieu: Montréal.

Événement:
Un miracle sportif s’est produit. Vous le savez mieux que moi. Vous étiez en liesse dans les rues de Montréal ou nuisiez au sommeil de votre prochain à l’aube, dans un réduit parisien un peu moisi, qui sentait l’urine, l’humidité, la plomberie congestionnée, le vieux chat, etc.

J’oublie parfois que la France compte son lot d’amateurs de hockey. Des qui ont fait un voyage au « Canada » (comme ils disent) et sont restés accrochés; des qui sont en couple avec un individu de par ici; des qui n’ont pas assez du foot pour assouvir leur passion de téléspectateur émotif, et d’autres encore, et des meilleurs.

Et voilà que sur un blogue de Le Monde.fr, « Playoffs - L’actualité des sports américains », Français et Québécois se réunissent autour des Habs pour mieux se diviser sur une veille compétition d’anglicismes (playoffs). 
Résultat: un curieux chapelets de lieux communs, ponctués systématiquement d'un Go Habs Go qui annule la mésentente, mais en fait non.

Personnages:
Les Français (le choeur): amateurs de hockey, qui emploient un ensemble d’anglicismes distincts de ceux en usage au Québec. 
Le Séparatissse: qui grimpe dans les rideaux au sujet de la défense du français.
Le Colonisé: qui a honte du Séparatissse.

Dialogues:

Le Monde.fr:
On appelle cela la « magie des playoffs ». Un poncif, certes, mais aussi parfois une réalité qui vous saute aux yeux, un conte de fée qui vous laisse rêveur à 4 heures du matin, hagard dans votre salon (...) Ou comment les Canadiens de Montréal, dernière équipe qualifiée dans la Conférence Est (au huitième rang), ont le toupet de réduire au silence les Washington Capitals...
Oui, les Montréalais, hargneux et besogneux, sont venus à bout des stars Ovechkin, Backstrom, Green

Le Français:
Cette victoire en séries est tout simplement magnifique. Le CH s’est battu avec ses armes face à une équipe toute puissante et intimidante. (...)
Go habs Go!


Le Séparatissse: 
Bande d’idiots! Personne n’appelle ça « les play-offs » au Québec. On dit « les séries éliminatoires ».
Il n’y a qu’en France qu’on entend ce genre d’expressions anglaises. Puisque vous n’êtes pas colonisés, on ne peut vous qualifier que de « Tarés ».
« Shame on you! »

Le Colonisé:
En Alexis, vous avez malheureusement un représentant de cette minorité de québecois séparatistes qui veulent faire croire aux francophones du monde qu’ils se soucient de la qualité de langue francaise. Hélas, mille fois hélas, je vis au Québec et contrairement à ce que l’on croit, on ne parle pas francais ici mais québecois, autrement dit une espèce de dérivé du francais qui est quotidiennement massacré, tronçonné dans les journaux, les TV, la radio, au bureau…Alexis, comme ses semblables sont incapables d’écrire une phrase sans faire 10 fautes. Tous les sujets sont vus par eux à travers la lorgnette séparatiste.
Quant à moi (et non pas tant qu’à moi comme dirait ces québécois)je préfère quelqu’un qui parle un anglais sans faute à un autre qui massacre la langue francaise.
Vivent le hockey et les Habs !!!

(mille points pour la sur-correction, ici!)
 
Bien du plaisir!
 http://sports-us.blog.lemonde.fr/2010/04/29/lexploit-du-canadien-de-montreal/