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mardi 19 janvier 2010

Run


En gougueulant «courir», boutique de sport, afin de me renseigner sur la disponibilité du fart rouge, j’ai découvert une page d’accueil rédigée en pur bilingue (rappelez-vous la navrante présentation politique de Trudeau le Jeune).

Fresh News

Onglets supérieurs: Fresh news, Courir TV, Goodies, Shops, Job, Contact.




Par réflexe, je cherche rapidement le bouton «Français». Que Dalle. Poursuite de l’exploration, à gauche de l’écran: Search. On est bien sur un site anglophone. Comment la chose est-elle possible, sachant que je gougueulai un mot français qui n’existe pas en anglais?

Collections: Women, Men, Kids.
Ça continue.




Un site anglais indexé en français, donc. À quoi bon?

Tiens, non: dans les critères de recherche, Style, Marque, Couleur. C’est du français ça non? Quoique Style passe partout mais Couleur, c’est un mot français, y a pas à tergiverser.




Ou suis-je? En quel improbable trou noir linguistique de quelle banlieue galactique du Web?
Je mate un site en franglais.

Encore par réflexe, je pense à formuler une plainte auprès d’un organisme consacré à l’application et au respect des politiques linguistiques en vigueur dans mon pays. Et puis non, c’est trop gros, je me dis que ça n’a pas pu passer, une boutique québécoise qui se moque ainsi des lois linguistiques, impossible.

Une seule explication: c’est un site français... de France.

De fait, en cherchant avec «boutique courir», je retrouve, cette fois, le site Web de la boutique montréalaise homonyme, site rédigé en français, conformément à la Charte de la langue française ainsi qu’à une coutume locale (parfois mise à mal) qui consiste à rédiger les contenus dans la langue d’usage du public cible.

Fresh and cool

Souligner l’anglicisation de la langue des médias, et surtout de celle du travail (et du management), en France, n’a plus rien d’original. Quelle force est à l’œuvre? Certainement pas la nécessité économique, en ce qui concerne la pub: les sites Web de boutiques françaises s’adressent au client français. Et les Français sont traditionnellement plus unilingues que le reste des Européens. D’ailleurs, eût-on visé une clientèle anglophone délocalisée, l’on eût (ouf massacré-je les modes délicats, monsieur Bréa?) plutôt choisi l’anglais que ce créole très cool hyper local de la pub française.

Quelles forces sont à l’oeuvre, donc? L’enthousiasme d’un peuple jadis ostracisé comme vieillot et sclérosé par le libéralisme américain à l’égard de la langue rythmée d’une certaine idée de ce qu’est le modernisme? Une volonté de s’affranchir du complexe d’unilinguisme pathologique? L’assurance pluri-séculaire d’être une nation forte, souveraine et linguistiquement unie, qu’aucune intrusion linguistique massive ne saurait fragiliser?

Il faut reconnaître que le Québec possède une longueur d’avance sur la France en matière de protection linguistique. Ce que vivent aujourd’hui les Français d’ambigüité, dans un contexte récent où petit peuple et petite langue devront apprendre à résister au cœur d’une mer d’anglais-langue-des-affaires mondialisée, nous le vivons à plus humble échelle, de par notre position géographique, depuis la conquête.

French is cool

C’est dans ce contexte que le célèbre linguiste et vulgarisateur français, Claude Hagège, a exprimé son admiration pour la loi 101 lors de son dernier passage au Québec :

La loi 101 québécoise devrait être “exportée” et servir de “modèle” à tous les pays qui veulent défendre et promouvoir leur langue nationale face à l’influence de plus en plus hégémonique de la langue anglo-américaine.

«Le modèle 101», Voir, 3 décembre 2009

mardi 10 novembre 2009

Tintin, Georges Dor et moi



Plutôt par hasard, j'ai mis la main sur Colocs en stock, cet album de Tintin (originalement Coke en stock) "traduit" en québécois oralisant, qui a fait l'objet d'un savoureux billet de Délèque il y a quelques semaines. Je m'attendais à un truc affligeant, rédigé dans une langue fictive, grossière représentation des Québécois imaginée par un alloglosse des vieux pays, tant était dure la critique d'ici à l'égard de cet exercice.

J'ai pas aimé:

Il est vrai que le titre est ridicule.

Qu'un reporter de la mi-siècle-dernier s'exprimant en langue populaire (C'te zouve-là!) anéantit la crédibilité de l'histoire (ce que le titre avait déjà fait, de toutes façons).

Que la mise en graphie de certains phénomènes oraux (pas toujours exclusivement québécois d'ailleurs... les tournures françaises autochtones d'Amérique sont plus rares qu'on ne le croit) est aléatoire, limite incohérente (ex.: *quossez que (p. 1) mais quossé (p. 3)).

Ajoutons que tout au long du "texte", on confond "parler québécois" et "parler français familier" (C'est pas, et autres élisions courantes à l'oral).

J'ai aimé:

Pourtant, déformation académique de linguiste sans doute, j'ai apprécié la justesse et la richesse des expressions choisies par Yves Laberge (J'vous en passe un papier, Ne pas l'emporter en paradis, Patiner dins coins, Être sur la trotte, Arranger le portrait...).

La couverture des québécismes est astucieuse, généreuse, à un degré qui, je l'admets, fait sentir la "liste de mots à ploguer" par moment (connaissez-vous l'expression Ou c'est qu'on peut vous toucher? Moi non plus).

Mais on sent que la recherche a été menée avec sérieux, que l'auteur a réfléchi sur sa langue. Certaines observations sont subtiles, comme le relâchement des contraintes sémantiques sur l'objet de 'dire', dans Dire son adresse.

L'ensemble du lexique choisi contient peu d'anglicismes (Laberge nous fait une fleur, sur ce coup-là!) et de nombreux mots bien français aux consonnances poitevines.

Tintin et moi

Attention, je ne dis pas que j'ai dévoré cette bédé d'un couvert à l'autre, ni que sa lecture m'a provoqué des palpitations. Tintin, en wallon, en québécois comme en nain de jardin, c'est ennuyant à crever. Conçu pour faire voyager le garçonnet des années cinquante dans univers colonial réconfortant, l'eunuque belge a mal vieilli.

Et justement, soyons honnêtes, on ne lit pas Colocs en stock pour lire Coke en stock dans un dialecte plus intelligible, de même que l'album n'a pas été publié pour rendre accessible la haute culture belge à une horde d'allophones excentrés.

Cet album est un produit commercial, un sous-produit de la série des Tintin, qui fait le bonheur des collectionneurs, et éventuellement celui de quiconque est animé d'une certaine curiosité à l'égard d'usages français exotiques et méconnus.

Tintin pi toé

Seulement comme chaque fois qu'il est question des parlures d'ici, les critiques d'ici se montrent émotifs, et voilà pourquoi je reviens sur le sujet:

"Je trouve vraiment déplorable cette publication de Tintin en pseudo-québecois, qui fait encore une fois paraître le français d'ici comme étant une variété inférieure du français parlé[...]".

Pierre Calvé, "Colocs en stock: erreur boréale", Le Droit


Une variété inférieure

Encore!
Toujours la même histoire.

Français. Populaire. Joual. Ouvrier. Moué. Québec. Toué. Balbutiements. Barbares. Sous-hommes. Cracher par terre. Parler breton. Inférieurs.

Selon quels critères?

Bienvenue dans le champ sémantique inépuisable du mépris.

Quelle que soit la nature et la qualité du patois en question, la précision de son lexique, quel que soit l'intérêt de ses filiations linguistiques, le jugement porté sur ladite variété de langue est le reflet du jugement porté sur la communauté qui l'emploie, et pas autre chose.

Ce jugement d'infériorité porté par le pourtant linguiste auteur de cette critique signe un mol intérêt pour l'histoire de la langue et la richesse des lexiques français ainsi que son grand mépris pour les classes... "inférieures"; pour les parleurs ruraux, familiers, non-diplômés, ouvriers, qui osent colporter des archaïsmes taillés pour la rime riche tels que Amanchure, Champelure, Babine et Margoulette; tels que Bardasser, Crinquer et Embarquer; tels que Vlimeux, Jasant et Malcommode.

Cette erreur de raisonnement, qui entraîne tant de grandes gueules à confondre l'objet de leur "évaluation linguistique" avec l'objet humain de leur profond mépris, donnons-lui le nom du mépris fait homme: le georgedorisme.

Sans savoir toujours l'exprimer de façon nuancée, les Québécois sont vexés qu'on présente systématiquement leurs usages comme formant une variété exclusivement orale, se jouant dans les registres familier à vulgaire. Les critiques de Colocs en stock et de toute oeuvre écrite en langue orale du Québec sentent bien que les variétés de français québécois illustrées dans l'ouvrage ne sont pas celles des classes instruites de la population québécoise, et ce reflet collant de notre passé d'illetrisme et de soumission fait mal.

N'allez pas raisonner qu'à l'écrit et en registre formel, les différences entre français québécois et français-de-France sont trop minces pour illustrer quoi que ce soit de ludique, que nos Partagiciel et Écrivaine n'emplissent pas le bonnet du plus modeste phylactère. N'exposez pas à leur égo identitaire sensible que l'éloignement géographique et le changement de registre sont sources d'inépuisables amusements langagiers (pensez aux 150 petits chefs-d'oeuvre de San-Antonio), et que cela est universel.

Québécois, Québécoises, laissons donc nos homoglottes de là-bas se réjouir de notre différence, ou de celle de votre voisin, si vous préférez, et réjouissons-nous de même.

Avec un peu de confiance en soi, on en arrive à regarder tout ça un peu plus froidement; la langue vit, et heureusement, se diversifie encore, du moins à l'oral, et heureusement, pas encore trop à l'écrit.

Quoique.


vendredi 30 octobre 2009

I'lltake it!


La peste soit des actualités!

Une mère désespérante se rate mais réussit ses enfants.

Dans un accident de la route, quatre ados en pièces détachées et une cinquième revole d'un coffre de voiture, qu'on se demandait bien ce qu'elle y faisait.
(Quoi mon pronom relatif? Cet usage du 'que' te semble inesthétique? Quoi? incorrect? Ha mais c'est un hommage à son usage classique. On en recausera devant un bon feu de bois un de ces soirs.)

Un jugement de la cours suprême...

... invalide le segment de loi qui assurait la transmission du français comme langue usuelle (seconde) aux enfants de l'immigration québécoise...

Hélasse, hélasse, hélasse.

Toutes les consternations ont été exprimées, dans les journaux comme dans les salons francophones québécois, au sujet de ce jugement. Je vous épargnerai l'argumentation visant à démontrer qu'en contexte de perte de vitesse du français comme langue usuelle dans la métropole de cette province hésitante, l'espoir de la pérennité française repose dans la francisation des nouveaux Montréalais etc.

Et ferai semblant de m'intéresser à la vision alternative de l'avenir du français en Amérique du Nord, cette vision d'une candeur gamine, selon laquelle une langue menacée dans son milieu survivra à l'expansion gourmande et trop souvent unilingue du dialecte des affaires grâce à son dynamisme, à son charisme, en somme, à sa valeur promotionnelle, au-delà de toute politique.

Pour ne pas gâcher l'ambiance, je ferai mine de croire que, comme au temps d'un autre siècle, ou l'avidité matérielle était publiquement jugée comme vulgaire, la valeur culturelle d'un bien collectif peut rivaliser, en termes de force d'attraction, avec la rentabilité d'un bien concurrent.

Comment faire en sorte, donc, que les immigrants du Québec, qui ont maintenant libre choix, choisissent le français pour leurs enfants?

Tortueux détour par un sujet grave pour aboutir encore au carrefour des obsessions françaises les plus frivoles: l'orthographe!

Débat sur l'orthographe: l'Argument promotionnel

Vrai, si l'on en croit certains tenants de la simplification orthographique, une bonne réforme faciliterait l'apprentissage du français langue seconde ou étrangère et contribuerait à l'expansion du français.

Cet argument fut conçu pour épouser les contours bien définis d'un débat français(de-France, comme précisent parfois les francopériphériques). Voyez comme il est amusant en contexte de tensions linguistiques d'une fédération centralisée au coeur de laquelle cohabitent au moins deux langues de statut inégal:

La charte de la langue française du Québec ainsi que la Loi 101 vont dans le mur. La politique ne sera d'aucun secours à Montréal pour "encourager" les allophones à envoyer leurs enfants à l'école en français. Non. Quelques publicités bien ciblées dans les métros, genre "le français, c'est cool!", dans les toilettes publiques, et un beau ménage dans les diacritiques superflus feront la job.

Mettez-nous une multinationale circasienne et une chanteuse bilingue avec ça, et ça se vendra comme un petit pain chaud!

jeudi 22 octobre 2009

Fiel fielleux en stock


On me demande, candidement, ce que je pense de la « traduction » en Canayen-français de Coke en Stock, énième tome d’Hergé (j’ai jamais compris l’ordre des parutions, oui je sais que Casterman les a numérotées mais ils ont gommé des imprécisions, et d’ailleurs là n’est pas le propos, fermons cette parenthèse, merci).

Première réaction : bof. Je m’en tape avec une indifférence qui donne une idée de l’infini, comme disait Greg.

Seconde et suivantes réactions : malaise, indécision, incapacité d’agripper le concept mentalement, y a un accroc.

Bref, j’ambivaux[i].

Le petit diable sur mon épaule gauche, qui s’oppose à tout, me rappelle l’affect, l’attachement que j’ai envers le héros à la houppette, mes après-midi sur le bord de la piscine à me fasciner de fusées rouge et blanc carreautées, des vertus du scotch Loch Lommond et du jeu de mot d’Ottokar, que je n’allais comprendre que bien plus tard. Tintin, c’est mon enfance, c’est déjà en français, pas touche. De mettre les phylactères en joual, de contribuer à l’encheapissement (revoir note en bas de page) d’une franchise déjà über-mercantilisée, d’aider un éditeur qui tire déjà beaucoup trop de jus d’une œuvre qui a autre chose à donner que des figurines en simili-résine vaguement ressemblantes à 29.95 $ la gugusse de 100 gr. de un demi-pouce de haut (zavez remarqué que la face de Tintin et de celle du Petit prince (34.95 $) ont l’air d’être tirées du même moule?), ça me met en rogne.

L’argument du mec qui a fait le machin se vaut, selon les humeurs : « On a déjà traduit Tintin en des langues de moins de 100 000 locuteurs; de plus, on avait déjà des versions québécoises de Tintin en underground, alors pourquoi pas lui donner ses lettres de noblesse? ».

Ouais.

Donc, défendons le français canadien québécois. Le français canadien-français. L’Amaricain du nord français. Le québécois francophone d’origine française (pour la suite, Elvis Gratton, la scène de l’avion). Notre français est en santé, pétulant et rayonnant, Cirque du Soleil, Denys Arcand, Bombardier, youpi, maîtres chez nous pis toutte. Fort bien, mettons-le en avant-plan, saisissons la croix des Belles-sœurs de Tremblay et la bannière fléchée de Natashquan, hop aux remparts, vive le Kébek, bout d’viarge.

Je me rappelle d’une savoureuse anecdote, si vous me permettez d’apparter. Un sondage effectué auprès des gens vivant dans la ville de Québec indiquait que 90+ %? (87-93 %, on va pas s’arrêter aux détails, non mais) ne se sentaient pas complexés par rapport aux gens de Montréal. Fort bien. Mais, observa un chroniqueur (Lagacé, à La Presse, je crois) : alors pourquoi, diantre, avoir ressenti le besoin de faire un sondage? Même principe ici : sommes-nous encore complexés? Colocs en stock est-il un symptôme du malaise des « Personnes de couleur blanche » d’Amérique? Va pour l’exercice de style, c’est légitime, pourquoi pas. Après tout, la série télé Les Simpson, admirablement bien adaptée, localisée au Québec, est un phare lumineux de la réussite des capacités bénéfiques et enrichissantes de la phagocitation culturelle (mais notons que South Park, succès ici en frança-de-France, a vu sa version québécoise retirée des ondes du Mouton Enterré de la télé après 2-3 épisodes).

Mais alors, bloggeux véhément et illogique, me diriez-vous, c’est ok si c’est une série américaine, mais quand c’est belche, une fois, on crie au viol? Eurocentriste, va, sifflez-vous.

Je dis peut-être, mais je vois pas le rapport, on jase langue, là, n’ergotons pas.

*bruit de vos justes arguments s’écrasant sur le bouclier de ma mauvaise foi*

Tiens, puisqu’il est question de logique, et que j’ai envie de changer de sujet, le traducteux qui a commis/créé (selon de y-où s’qu’on se place) Colocs a jugé bon, et en cela je le salue, de garder telles quelles les invectives du brave capitaine Haddock (ou Aiglefin, ou S’tie d’Aiglefin Highliner, tant qu’à tout traduire). Pas de « Taouin » en guise de « Bachi-bouzouk », pas de « Calvâsse de twit » pour « Anacoluthe » (je savais, amis linguistes, que vous priseriiez cet exemple) …Et je pousse un soupir de soulagement. On peut traiter Tintin de tous les noms, dessiner les Dupondt en train de se frencher (nooooon, pas comme « franciser », là …pfff.), mais les insultes, on touche pas, sinon j’aiguise mes torches et allume mes fourches (quand je suis fâché, je mêle tout) et sus à l’impie.

Donc il a pas traduit les insultes. Bon.

Mais il a …(retire ses lunettes, se masse l’arête du nez)…si je comprends bien…(touss touss de contenance)… il a …(répétition, silence dramatique, vous me voyez venir depuis la première parenthèse, c’est fou comme on se sent fin finaud quand on comprend avant la fin de la phrase, hein)…traduit le reste. Qui était, osons présumer, déjà parfaitement intelligible pour les Québécois.

Là, c’est mon démon de l’épaule droite, pragmatique, qui se ratatine.

Et en passant, j’aime pas la tentative d’allitération de Colocs en stock (ou le fait que c’est un segment de phrase prononcé par les disquaires, surtout après le film Dédé à travers les brumes, précédé par « On a plus d’albums » ou « On va ravoir la semaine prochaine les compiles des »). Le coke, produit du charbon obtenu par distillation de la houille dans un four à l'abri de l'air (merci wiki), est une matière noire, un code, une allusion au caractère négroïde des cargaisons d’esclaves dont il est question dans l’album (original). Avoir des colocs en stock serait, avouons-le, difficile à expliquer aux contrebandiers qui auraient à justifier leurs messages aux autorités maritimes. Remarquez, ils naviguent dans des eaux aujourd’hui grouillantes de pirates somaliens, hein, bof, non mais, quand même, ce titre est un choix de style au détriment du contenu. S’il s’applique au reste de l’album, à vous de dire, moi je lirai pas (ou ferai comme Da Vinci Code et le lirai et je le dirai pas, cf mauvaise foi).

Si j’en tire une conclusion? Qu’il faut le prendre comme c’est, un exercice, une étude, autant sur l’objet lui-même que sur les réactions et les discussions (et autres excellents blogs) qu’il suscite. L’objet lui-même? Une bd, pour la forme, mais pas au même titre que les « vraies ». Une curiosité, un truc pour collectionneur nigaud (pléonasme?), l’équivalent bédéesque du L H O O Q de Duchamp (en fait pas vraiment, mais étalons notre culture et les capacités de nos moteurs de recherche) ou des reproductions de Britney Spears peinte en Warhol. Après tout, en cette ère de recyclage culturel (au cinoche seulement, citons Astro, Toy Story 3-4, G.I. Joe, Transformers, remake évité de justesse de Psycho par Michal Bay, La Guerre des Tuques 25 ans après, Pinocchio 3000, Le petit poucet : la vraie histoire ou les DVD nostalgie de vieilles séries poches filmées en super-8 semi-mono mais redigitalisées Blu-ray 1080 p full hd son 7.3 Hyper surround THX® avec des nouvelles chansons inédites « qu’on vient de découvrir », et quoi qu'on fasse digitalement parlant, commenceront TOUJOURS par la notice sur fond bleu poche de l'assemblée d'Interpol le 8 septembre 1977 à Stockholm), faire du neu’ avec du vieux, c’est de son temps, et parfois la seule éventualité pour assurer une pérennité quelconque à ce qui vaut la peine, même en version abâtardie, d’être gardé.

[i] D’ambivaloir. Être en proie à l’ambivalence. Ceci je vous rappelle est une arène où puristes et réformistes se trucident à coups d’arguments dans la yeule, le terme est donc à-propos. Si, en lisant ce néologisme, votre dentier et votre contenance se sont éparpillés sur le plancher, vous êtes puriste, y a pas de sot métier; si une frétille néologique vous a parcouru l’échine en imaginant l’Académie tomber en syncope, vous êtes réformiste, pas plus grave, va. Mais si vous vous considériez réformiste et que vous des dents grincâtes en lisant ce néologisme y afférent, un examen de conscience s’impose, vous trippez plus sur le cardinal Richelieu que vous ne le pensez. Vous pouvez remonter, cette note est finie.