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mercredi 14 octobre 2009

C'est bien plus beau lorsque c'est inutile

Résumé des épisodes précédents: À la guerre comme à la guerre! Comme chaque automne, anciens et maudernes s'arrachent les cheveux autour du débat cyclique sur l'orthographe: simplifier, rectifier, refonder ou fixer dans le granit la convention écrite? Dans cette série de billets, je tente de schématiser le débat en présentant un à un les arguments mastiqués depuis 500 ans, tantôt pour reconduire la tradition, tantôt pour l'éventrer (nous reparlerons du code SMS!), le plus souvent pour l'amender, puis j'établirai des liens entre ces arguments, qui se répondent l'un l'autre. Dans ce réseau de billets courts, linguistes-réformistes affrontent écrivains-antiréformistes, abstraits ou personnifiés au gré de mes humeurs.

Dans les épisodes précédents, nous avons vu, du côté des réformistes, le type socialement correct user de l'argument démocratique, incriminant la difficulté et l'irrégularité du code écrit comme instruments de discrimination sociale. Cet argument a fait bloc avec l'Argumentum ad populum, selon lequel toutes les langues doivent un jour ou l'autre passer par une modernisation de leur orthographe, contre l'argument sémantique des antiréformistes, qui versent une larme à la perspective de voir rejetées certaines de nos pratiques graphiques porteuses d'un sens étymologique, tel le 'ph' issu d'emprunts du grec.


Mais il y a plus.

Jetez un écrivain dans la mêlée et s'élèveront des plaintes à vous déchirer les boyaux. À grands cris, les artistes de la chose écrite défendront l'"esthétique" de "leur" "langue", la coquetterie de l'inutile, le charme de la complication, la beauté du patrimoine, la sagesse de la tradition, l'aura mystique des fossiles de l'histoire de l'écriture du français, en somme, jusqu'à revendiquer, chez les plus radicaux, la création d'une nouvelle liste de pluriels rebelles qui viendrait s'ajouter à celle des choux z'et des hiboux.

J'exagère.

Le sophisme tient dans l'inversion de la causalité amoureuse: l'"esthète" croit que le 'oi' de l'oignon est entré dans l'orthodoxie en raison son esthétisme, alors que, de toute évidence, la chose lui semble pure et jolie, à l'inverse, parce qu'il s'y est habitué, contre toute raison.

La circularité du raisonnement donne le vertige: "c'est la tradition, donc c'est bon", puis "c'est beau, donc il faut le conserver".

L'Esprit français repose entier en cet argument.

L'Esprit français.

En quoi consiste-t-il?
Essentiellement à s'opposer à...
l'Esprit anglais!

Et en quoi consiste l'Esprit anglais?

La pensée pragmatique.

C'est au linguiste, au technicien, au fonctionnaliste, à la pensée efficace, bref, à la pragmatique anglo-saxonne, que s'adresse l'écrivain français lorsqu'il braille, soulevant l'enthousiasme de la foule,

C'est bien plus beau lorsque c'est inutile!!!

mardi 6 octobre 2009

Noms communs transgenres et transnombres: en réponse à M.G.

(Avertissement:
Ce billet contient de l'humour. Par exemple, la proposition de modifier le genre de certains noms mal maîtrisés par la population, c'est une blague, destinée à provoquer un effet de punch avec la fin, le double objectif (raté) étant d'introduire le livre "Zéro faute" de De Closets, d'une part, et de me gausser des fautes de français de La Presse, d'autre part.)


M.G. proposait, en commentaire d'un billet portant sur le christianisme grammatical (3 octobre, ici, dans ce blogue), de régulariser le genre et le nombre de certains noms communs (pardon, vous dites... le nombre n'est pas inhérent au nom?!), lorsqu'iceuze (je mets pas le 's' à iceuze étant donné que la marque du pluriel se matérialise dans le 'z'... quoi, plaisanterie de linguiste?!) se révèlent problématiques à l'usage.

Je cite:

Devrait-on féminiser «trampoline» et «pétale»?

Entendu dans un parc:
-Je vais sauter sur cette trampoline!
-UN trampoline!

Chez le fleuriste:
-Cette fleur n'a pas perdu ses pétales.
-UN pétale! Idiot.
- M.G.
Le presque anonyme commentateur voit juste.

Le genre masculin de pétale, genre INHÉRENT de surcroît, inhérent au nom, car c'est comme ça en français, nous radote-t-on, à chaque nouvelle tentative de féminiser des noms inhéremment masculins (écrivain, docteur, ministre - je plaisante, on se calme -, chef), est une aberration.

En effet, le genre des noms a beau être arbitraire, franchement, trampoline et pétale...

Ce serait rendre service à 84, 4 % de la population francophone du monde entier, sans parler des poulations allophones, que de les féminiser. (Les mots, pas les populations. Quoique...)

D'autant plus que...

La Presse rencontre François de Closets, guerillero orthographique cuvée 2009!!

Toujours dans l'esprit de rendre service à mes colocuteurs éprouvant certaines difficultés avec le genre des noms en français (soit dit sans condescendance hein, c'est pas comme si j'avais pas moi-même revérifié dans un dictionnaire le genre de orthographe avant de rédiger ce billet)...

... je propose de masculiniser une fois pour toutes orthographe afin de sauver la face d'André Duchesne, de La Presse...

"Pourquoi l'orthograhe est-il si complexe?"




Fallait quand-même le faire.




lundi 5 octobre 2009

L'amourre d'Alain Rey

Avant de l'avoir vu dans la vitrine de la FNAC ou du Renaud-Bray, on se représente l'homme à la tête du Petit Robert comme un vieillard honorable engoncé dans un costume classique, penché sur un ancien bureau d'acajou dans une salle aux murs couverts de gros livres, tout ça tout ça, quelque chose comme un académiste de style mais en plus progressiste, dans sa tête.

Voyons voir.

Pour la couverture de L'Amour du français, les Éditions Denoël nous ont serti Alain Rey dans un costard safran ridicule et l'ont perché, en tailleur, sur un parapluie en apesanteur, devant un fond nuageux. L'octogénaire porte les cheveux longs, la moustache et des lunettes de clown, touche ultime à cette esthétique lamentable, quoique délirante.

On en a un peu trop fait dans le sens de revamper le rôle et l'image du grand homme des dictionnaires Robert.

Et voilà le sous-titre aux accents de manifeste pour appuyer l'image et le message: Alain Rey est un intervenant progressiste dans la vie de notre langue et le Petit Robert n'a pas son origine dans le giron de l'Académie française. N'est pas non plus le petit catéchisme de l'usage, plutôt un scrapbook, une collection d'observations sur les usages de la langue.

Alain Rey nous expose dans ce livre érudit un texte sentimental, parfois poétique, qui nous ballade dans les temps et les espaces français pour exalter la diversité des usages d'icelle ("icelle"... c'est moi ou il effectue un retour, mine de rien, celui-là, avec son petit frère "icelui"? À quand leur version québécoise, "iceuze"?).

Remarquez, cet essai personnel d'Alain Rey n'est pas le premier texte sur la langue française à flirter avec l'émotion. Les débats sur la langue soulèvent l'émotion, les poussées d'hystérie sont même automatiques lorsqu'on aborde dans les journaux certains sujets comme l'utilisation de SMS. L'émotion suscitée est négative en général, voire proche de la panique: "Arrêtez le massacre! Nos jeunes ne savent plus écrire! L'orthographe fout le camp!", etc.

Alain Rey, totalement à contre-courant, couve son sujet ainsi que la réalité d'un oeil énamouré et un rien coquin. Il aborde candidement les questions de bilinguisme comme celle du SMS. Il observe la langue vivante et les profondes transformations qui opèrent dans l'utilisation du code par les jeunes bip-bip sans s'évanouir de frayeur devant l'affligeant constat de la régression morale et spirituelle de l'espèce.

Il prend le code écrit pour ce qu'il est, pure forme:

"Car les formalismes normalisés de l'écriture - des rituels qui trahissent en l'école laïque une religiosité refoulée - favorisent la passion d'obéissance beaucoup plus que la souplesse admise dans la prononciation. Là, règne la tolérance au nom de laquelle des nuées d'adolescents produisent des séquences vocales supposées françaises incompréhensibles pour la majorité des francophones. Et la rigueur disparaît complètement lorsque l'essentiel est en cause, la sémantique, le sens, alors même que la plupart y voient la fonction majeure du langage. Socialement, le faux sens, qui consiste à employer un signe autrement que ne l'exigerait la convention réellement collective qui en définit l'effet, ou à le comprendre "mal", n'est pas une faute. Tout juste un signe d'inculture ou d'étourderie."
- Alain Rey, "L'amour de la langue", pp. 245-246

La sérénité du vieil homme fait grimper les alarmistes au plafond, dont certains sont au moins fichus de paniquer avec grâce et talent:

"Prenant appui sur le fait que « l'avenir est aux couleurs des fantasmes » - on ne saurait le nier -, l'auteur rit des pessimistes ; il se gausse des inquiets (dont je suis), des rabat-joie qui n'ont qu'une confiance limitée, vu l'évolution du monde, dans l'avenir de notre langue. Il les appelle des « Cassandre », sans prendre garde à l'ambiguïté de cette appellation moqueuse, car la petite Cassandre avait raison sur toute la ligne : Troie fut bel et bien détruite, et Priam égorgé."

- Claude Duneton, Le Figaro

dimanche 4 octobre 2009

De l'intelligence de la langue et de la clarté de la pensée

La grammaire est la clarté de la pensée.

L'orthographe, c'est le génie de la langue française.
(Alain Bentolila)

Incantations.

Creuses?

Ces formules punchées ont-elle un sens, au-delà de leur apparente vacuité?

Cette "intelligence", invoquée par les fixistes, qui résiderait dans une consonne muette et les douze graphies du son 'o', est-elle autre chose que le dérisoire objet de culte d'un fanatique de la tradition abonné au Figaro?

Quelle est la richesse de ce barrage de difficultés érigé au fil des siècles sans autre plan que celui de la contingence de l'histoire?

L'argument sémantique: orthographe grammaticale et marques étymologiques

"La deuxième [réforme proposée par André Chevrel] consisterait à supprimer les lettres grecques, le h chaque fois qu’il est étymologique (rhume, thèse et même chœur : tant pis pour l’homonymie) et le y qui serait remplacé par un icycle, système, tyran) ; pour le groupe ph, il suffirait de le remplacer par un f (phénomène, philosophe). " A cela nous répondons tout d’abord qu’une telle proposition s’appuie sur des erreurs : le " i grec " n’a rien d’un " i ", c’est un " u ". De même, le " ph " grec n’a aucun rapport avec un " f " ; c’est un " p " aspiré (pour des raisons propres à la phonétique grecque), raison pour laquelle on l’a transcrit " p " + " h ". Ensuite, nous répondons que maintenir la graphie " ph " permet de rapprocher " op-h-talmique " de " op-tique " ou de " my(o)-ope ", par exemple. Le maintien des graphies permet de travailler le lexique français à partir de semblables rapprochements, et cette légèreté à évincer leur dimension étymologique pose donc un sérieux problème : c’est la possibilité d’accéder à l’explication d’une part importante de l’orthographe lexicale qui disparaît, en sus de la liquidation de l’apport sémantique de l’étymologie."
- Luc Richer

Voilà pour le volet étymologique de l'Argument sémantique.

Et encore Bentolila, à propos de l'orthographe grammaticale:

"Il faut au préalable distinguer orthographe usuelle et orthographe grammaticale. Tout le monde parle de simplifier l'orthographe, mais ce faisant, on mélange tout. Il est hors de question de simplifier la grammaire, car elle traduit la façon de penser la langue. Accorder des participes, conjuguer correctement un verbe sont des processus fondamentaux. Ils donnent à voir que tel verbe va avec tel sujet, que c'est bien celui-ci qui agit et non un autre, qu'un pronom est d'un genre particulier parce qu'il se rapporte à tel nom, que « laquelle » renvoie à Sophie et non à « Pierre ». Celui qui ne maîtrise pas ça ne parvient pas à structurer le monde et ses catégories. Ce qui transparaît à travers l'orthographe grammaticale est la clarté de la pensée."
- Alain Bentolila

L'argument est le même dans les deux cas: s'il fallait rectifier l'orthographe de telle façon qu'elle corresponde plus adéquatement à la prononciation moderne du français, il serait dommage d'éliminer des graphies qui, quoique complexifiant le rapport entre la lettre et le son, sont néanmoins porteuses de sens.

À cet argument très valable on pourrait toujours répondre que l'apprentissage de l'étymologie peut fort bien se passer de telles traces graphiques, que l'information relative à l'étymologie d'un mot peut-être stockée dans une entrée de dictionnaire sans l'être dans la graphie.

samedi 3 octobre 2009

Bienheureux les simples d'esprit

Gauchistes et bons chrétiens logés à l'enseigne de la réforme invoquent l'Argument moral démocratique, empreint d'altruisme et de noblesse de cœur.

- André Chevrel

Remarquez que les premiers, bons sentiments ou pas, se seraient dans tous les cas laissés convaincre par la touche révolutionnaire, la musique du progrès en marche, de la position anti-traditionnelle, alors que les seconds, cultivant la nostalgie des martyrs d'antan, ne ratent aucune occasion d'offrir leur sincérité touchante en sacrifice aux puissantes divinités du cynisme et de l'élitisme. En somme, ils tendent l'autre joue à l'Argumentum ad crumenam et à l'Argument du faux problème.

Et quand l'écrivain bobo, la tête d'affiche du grand théâtre des lettres françaises, lui bave: "nivellement par le bas! À mort les ignorants! Touche pas à ma langue!" (dont un exemple hilarant, sur lequel je reviendrai, est celui de ce brave vieux Martineau, un peu confus mais pas bien méchant), le bigot, lui, répond: "Bienheureux les simples d'esprit, car ils iront au paradis", ou quelque chose comme ça.

Autodérision à part, cette pièce maîtresse et difficilement attaquable de l'argumentation réformiste n'en n'est pas moins largement ridiculisée, avec plus de sincérité que moi, dans ce billet cabotin, par nombre de conservateurs autosatisfaits, qui vont souvent jusqu'à soupçonner l'interlocuteur d'être personnellement marqué au fer rouge des difficultés orthographiques rencontrées à la petite école.

jeudi 1 octobre 2009

Argumentum ad populum

"Actuellement, les ouvrages de référence entrent de plus en plus la nouvelle orthographe. C’est un mouvement irréversible qu’on ne peut pas ignorer. L’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal, la Grèce, etc., tous ont simplifié leur orthographe. Dans tous les cas, l’écriture a changé, mais sans la moindre conséquence pour la langue. Dès l’âge de huit ans, les petits Italiens connaissent tout de l’orthographe de leur langue. À l’heure d’Internet, le français doit lui aussi simplifier son orthographe. Il en va de sa survie."
- Aurel Ramat
L'argument est pratique et produit son effet.
Il s'agit, pour légitimer une attitude d'interventionnisme orthographique, de faire appel aux exemples des langues de culture (j'adore cette expression! Le petit côté impérialiste frissonnant de satisfaction! Essayons avec le grand 'C' : "langues de Culture"... Brrrr!) qui ont, au cours de leur histoire, procédé à des réformes radicales:
Ce faisant, le réformiste espère susciter un éclair lumineux chez l'interlocuteur:
"S'ils l'ont fait, ça prouve bien que les systèmes d'écriture de nature alphabétique (donc à l'origine, essentiellement phonétique, voir l'Argument ontologique) des langues de culture doivent nécessairement s'adapter, à la longue, à l'évolution de la langue orale, vivante!".

On (en tout cas je, sans jamais avoir déployé d'efforts notables pour étayer mon point de vue) cite souvent les cas de l'espagnol, du russe, du serbo-croate, du chinois (lequel, oui, je sais)... Et pour être convaincant, le réformiste qui s'aventure en ces eaux doit posséder une connaissance encyclopédique de l'histoire politico-linguistique des communautés sus-mentionnées, pour éventuellement faire la preuve que les réserves du clan adverse ne sont pas fondées en ces cas.

Que la littérature usant de graphies anciennes ne sera pas fichue au rencart.

Que les rééditions et resaisies feront rouler l'économie.

Qu'on ne laissera glisser dans l'oubli aucune icône du panthéon du passé.

Que l'éventuel sens porté par les graphies jetées sera aussi accessible par d'autres moyens.

Or, quelle que soit l'histoire de l'écriture espagnole, s'il se trouve qu'une réforme a dégraissé par exemple les graphèmes porteurs d'un sens morphologique ou étymologique d'une graphie ancienne, les arguments sémantique et culturel demeurent valables. Une trace perdue est une trace perdue.

En somme, invoqué légèrement, cet argument tourne parfois à l'Argumentum ad populum, dans un sens élargi.

mercredi 30 septembre 2009

Plus de règles, moins de listes!

Argument logique (ou fonctionnaliste)
La colonne vertébrale de l'argumentation réformiste.

L'argument fonctionnaliste, égrené essentiellement par des linguistes (dont je suis, mais j'ai pas fait exprès!), vibrant hommage à l'Esprit scientifique, puise son vocabulaire dans le bréviaire de la pensée anglo-saxonne: on y vante l'utile, le pragmatique, le prévisible, l'explicable, le cohérent.

Éliminer les exceptions, les listes de hiboux et de genoux, le par-coeur, pour favoriser un système d'écriture rationnel, dont les règles s'appliquent à tout coup.

À l'appui de cet argument fort, auquel on oppose habituellement les arguments sémantiques et esthétiques (les arguments forts des méchants immobilistes), j'ai entendu jadis une source évidemment perdue depuis dans les brumes de la taverne (ce qui ne m'empêche nullement de récupérer l'illustration dès que j'en ai l'occasion) raconter l'histoire d'un linguiste russe qui avait calculé, pour le français et pour le russe, le nombre de règles à coder dans un programme informatique pour déduire la prononciation d'un mot à partir de sa graphie.

Le résultat (nombre de règles et productivité de chacune) devait fournir la mesure de "fonctionnalité", ce qu'on appelle parfois "l'élégance" (souvent associée à l'économie des règles, en modélisation, alors que dans les domaines de l'éthique mondaine et de la pratique du style, l'économie, surtout lorsqu'elle tend vers la pingreté, nous éloigne de tout idéal d'élégance, morale ou esthétique...), du code orthographique de chacune des deux langues.

D'après mon souvenir, dont je vous interdis de remettre en doute la précision, le savant fou russe avait recensé 5000 règles pour le français, et 10 fois moins pour le russe.

Y a-t-il un russographe dans la salle?

Quelqu'un a-t-il en sa possession la référence de cette étude?

Touche pas à ma langue!

En guise d'ouverture, décortiquons les arguments, peu nombreux mais inlassablement remâchés, qui composent le débat plusieurs fois centenaire entourant chaque tentative de simplification orthographique.

Introduction au débat:

Devant le double constat (sans cesse renouvelé) de l'éloignement progressif entre la norme orthographique et la prononciation du français, d'une part, et celui de la raréfication des locuteurs natifs maîtrisant la norme du français écrit, d'autre part, les réformistes proposent sporadiquement d'apporter des modifications (rectifications, rationalisation, simplification, réforme) à l'orthographe du français.

Leurs opposants, nombreux, braillards, populaires, flamboyants, lettrés, médiatisés, défendent vervement la tradition. Si j'ai hurlé longtemps mon appartenance au clan des réformistes radicaux, je me range maintenant au centre-gauche du débat.

Sénilité? Mollissage? Enflasquement?

Je ne crois pas. Simplement, certains arguments de mes ennemis ont été défendus si brillamment par des Luc Richer et d'autres dont je vous parlerai plus tard qu'ils ont finalement eu raison des miens.

dimanche 27 septembre 2009

À propos de Mauvaize langue...

 
Pour votre plaisir et votre érudition, chez Mauvaize langue : 

  • Observations et actualités langagières;
  • Vulgarisation linguistique;
  • Parti pris ludique pour la création lexicale immodérée de langue française;
  • Militantisme de salon pour une désacralisation des débats langagiers. 
Mauvaize langue! est né en septembre 2009, à Montréal, de la plume d'un petit groupe de linguistes et de traducteurs animés par l'ambition d'affranchir les débats langagiers, anciens comme actuels, du poids du dogme.