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mardi 4 mai 2010

«Engagez-vous», qu’ils disaient...


En tant que dinosaure qui use encore du répondeur plutôt que de la boîte vocale, je me suis fait dire, cette semaine : «J’ai essayé de t’appeler plus tôt, mais ça sonnait engagé. Ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu ce son!».

La ligne est engagée ou la ligne est occupée?

Petit Robert
«OCCUPÉ, ÉE
2- (CHOSES) Dont on a pris possession. (Au téléphone) Je t’ai appelé deux fois mais c’était toujours occupé, cela sonnait occupé.»(1)

Petit Larousse 1996
«OCCUPÉ, ÉE
2. Qui est pris, utilisé par qqn. Toutes les cabines sont occupées. La ligne téléphonique est occupée. »(2)

Multidictionnaire
«OCCUPÉ, ÉE
1. Qui est pris (par opposition à libre). La ligne téléphonique est occupée (et non *engagée).»(3)

Banque de dépannage linguistique, Office québécois de la langue française
«[…] on peut tout à fait dire que la ligne est en dérangement ou qu’elle est occupée (et non engagée, […] d’après l’anglais : the line is engaged(4)

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(1) [Le nouveau Petit Robert, édition 2004. Paris.]
(2) [Le Petit Larousse illustré, édition 1996. Paris.]
(3) [DeVillers, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(4) http://66.46.185.79/bdl/gabarit_bdl.asp?id=2765

mardi 27 avril 2010

Après les «téléphones intelligents», les «voitures intelligentes»?


On voit à la télé, ces temps-ci, une pub de voiture japonaise qualifiée d’«économe d’essence».


L’expression est-elle correcte?

ÉCONOME

Petit Robert
«II Adj. Qui dépense avec mesure, sait éviter toute dépense inutile. → parcimonieux, regardant.»(1)

Larousse
«2. adj. Qui limite ses dépenses, évite les dépenses inutiles.»(2)

Je ne sais pas vous, mais je perçois dans ces définitions une notion de «jugement», de «décision», qui me semble tout à fait inapplicable à un sujet inanimé. Comment pourrait-on dire qu’une automobile «dépense le carburant avec mesure»? Est-ce qu’un fabricant créerait délibérément une automobile qui gaspille le carburant? Ça serait quand même étonnant.

L’usage du mot économe dans ce contexte est inapropprié; économique conviendrait mieux.

ÉCONOMIQUE

Petit Robert
«II. COUR. Qui réduit les frais, épargne la dépense. Chauffage, voiture économique.»(1)

Larousse
«2. Qui permet de faire des économies; peu coûteux.»(2)

À mon avis, une voiture peut être économique en carburant, en ce sens qu’elle consomme tellement peu de carburant pour une distance donnée qu’elle permet à son utilisateur d’économiser de l’argent.

Qu’en pensez-vous?

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(1) [Le nouveau Petit Robert, édition 2004. Paris.]
(2) [Le Petit Larousse illustré, édition 1996. Paris.]

mardi 9 mars 2010

Plaisantez-vous au deuxième ou au second degré?


Selon vous, existe-t-il une différence de sens entre deuxième et second? A-t-on là deux mots interchangeables, comme le sont vélo et bicyclette, qui se distinguent peut-être vaguement par leur contexte plus ou moins formel d’utilisation?

Petit Robert
«adj. et n.
1- Qui vient après une chose de même nature; qui suit le premier. → deuxième (on emploie plutôt second quand il n’y a que deux choses).»(1)

Larousse 2005
«adj.
1. Qui vient immédiatement après le premier.
2. Qui s’ajoute à qqch de nature identique.
3. Qui vient après le premier dans un ordre de valeur, de rang, etc.
– REM. On emploie second, plutôt que deuxième, quand il n’y a que deux éléments. »(2)

Eurêka! On ne peut donc employer second qu’en présence de deux éléments, pas un de plus ni de moins. La Seconde Guerre Mondiale, dans ce cas. La seconde moitié d’une tarte, encore.

Ainsi, une plaisanterie au second degré est moins recherchée qu’une au deuxième degré… laquelle laisse toute liberté à l’interlocuteur de trouver un troisième ou même un quatrième degré à ce mot d’esprit (mais il faut vraiment être trrrrès fort alors…!).

(1) [Le nouveau Petit Robert, édition 2004. Paris.]
(2) [Le Petit Larousse illustré, édition 2005. Paris.]

mardi 2 mars 2010

Les J.O. (ou comment supporter les supporters)


Avez-vous suivi les Jeux Olympiques qui viennent de se terminer? Moi oui, et j’ai mal supporté qu’on utilise le terme supporter à qui mieux mieux au lieu de partisan, au sens nominal, ou appuyer, soutenir, au sens verbal. Mais suis-je donc une puriste? Est-ce moi qui crie à l’anglicisme où il n’y en a pas?


PARTISANS de l’anglicisme

Petit Robert
«v.tr.
III. ANGLIC. SPORT Encourager, soutenir (un sportif, une équipe sportive). – PAR EXT. Donner son appui à.»(1)

«n.m.
ANGLIC. (var. francisée SUPPORTEUR, [RARE] TRICE). Partisan (d’un sportif, d’une équipe), qui manifeste son appui. – Personne qui apporte son appui à qqn.»(1)

Voici l’explication du Petit Robert pour le terme «ANGLIC.» :
«anglicisme : mot anglais, de quelque provenance qu’il soit, employé en français et critiqué comme emprunt abusif ou inutile (les mots anglais employés depuis longtemps et normalement en français ne sont pas précédés de cette marque).»(1)

Petit Larousse (2005)
«v.t.
6. SPORTS. (Emploi critiqué). Soutenir, encourager un concurrent, une équipe.»(2)

Grand dictionnaire terminologique
«Domaine(s) :
- appellation de personne
- sport

français : partisan, n.m.

Définition :
Personne qui manifeste son appui à une équipe sportive, à un concurrent.

Sous-entrée(s) :
forme(s) féminine(s)
partisane n. f.

terme(s) non retenu(s)
supporteur
supportrice
supporter
fan

Note(s) :
Même si les emprunts à l'anglais fan et supporter ainsi que les variantes francisées supporteur et supportrice, qui ont déjà fait l'objet de critiques, sont aujourd'hui couramment employés en français et sont d'ailleurs consignés dans les ouvrages de langue générale, ils n'ont pas été retenus puisqu'ils ne comblent aucune lacune terminologique. Ainsi, le terme partisan est à privilégier.
En France, la graphie francisée de l'emprunt supporter (supporteur) a été officialisée par la Commission générale de terminologie et de néologie, en 2000.
[Office québécois de la langue française, 2003]»(3)


SUPPORTERS du terme d’origine anglaise

Trésor de la langue française
«SUPPORTER2, verbe trans.
B. SPORTS, fam. [Le compl. d'obj. désigne un sportif, une équipe sportive, un club] Encourager, soutenir. Supporter un champion, une équipe de rugby. Beaucoup de Transalpins qui auront franchi la frontière pour supporter leurs compatriotes (coureurs italiens du Tour de France) (La Croix, 9 juill. 1965 ds GILB. 1971).»(4)

«SUPPORTER3, -TRICE, subst.
B. SPORTS. Amateur de sport qui manifeste son soutien à un sportif, une équipe, un club qui a sa préférence. Supporters d'un coureur cycliste, d'un footballeur. Quelques jolies femmes supportrices pour la plupart (Paris-Sport, 27 mai 1934 ds HÖFLER Anglic. 1982). Sans doute ne voulaient-ils pas tuer, ces supporters anglais qui se sont lancés à l'assaut d'une tribune italienne. Ils voulaient en découdre, bien sûr, sortir vainqueurs de cette conquête du terrain, mime grotesque de la conquête à venir du vrai terrain. Ils jouaient leur match (Le Monde aujourd'hui, 2-3 juin 1985, p. II, col. 6).»(4)

Petit Larousse (2005)
«n.m.
ou SUPPOTEUR, TRICE n. SPORTS. Personne qui soutient et encourage exclusivement un concurrent ou une équipe.»(2)


Conclusion
On constate que plus nombreux sont les ouvrages qui taxent d’«anglicisme» le terme supporter, lui préférant plutôt les termes partisan et appuyer, encourager ou soutenir. Par contre, le fait que le mot d’origine anglaise se retrouve dans les dictionnaires est en soi une reconnaissance de son usage au sein de la langue française. Et n’est-ce pas là le premier pas pour se frayer un chemin jusqu’à un usage accepté?

Une fois de plus, comme cela se se produit pour de nombreux anglicismes qui s’immiscent peu à peu dans notre belle langue française, il appartient au locuteur de se demander s’il préfère utiliser le mot français correspondant et existant, en exploitant la richesse de sa langue, ou s’il préfère «enrichir» une langue vivante d’un mot nouveau, emprunté à une langue voisine.

Le débat de principe demeure ouvert. Ce qui est intrigant, à mon sens, est de savoir pourquoi des mots issus d’autres langues en arrivent à remplacer des mots français (dans le cas qui nous occupe) pour décrire une même réalité. Ça demeure ma foi fascinant.


Références :
(1) [Le nouveau Petit Robert, édition 2004. Paris.]
(2) [Le Petit Larousse illustré, édition 2005. Paris.]
(3) http://www.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/index800_1.asp, sous l’entrée supporter (appelation de personne)
(4) http://atilf.atilf.fr/tlf.htm

jeudi 18 février 2010

Appellons un clavardage un clavardage


Les milliers centaines douzaines de lecteurs assidus de ce blog savent déjà, ad nauseam d'ailleurs, qu’on s’amuse bien avec la pipolisation du français made in France in ze street, et que outre-atlantique, les irréductibles Kébékois, sur un îlet francophone dans un océan de « Canote en douze temps », se sentent bien esseulés face à l’envahisseur (surtout qu’avec des analogies manichéennes* pareilles, on contribue pas à diminuer la quasi-paranoïa ambiante, hein).

Voici de quoi ragaillardir nos gens du pays :

http://www.lepoint.fr/actualites-technologie-internet/2010-02-03/gouvernement-francomot-un-concours-pour-traduire-buzz-chat-ou-tuning/1387/0/420152

Vive l’idée de conscientiser les masses en les amusant : un petit concours, c’est rahv, léger, lol, oserais-je même (tiens, c’est une idée à leur soumettre, ça) et les gens, mine de rien, perçoivent l’ombre du début de l’ébauche d’un projet d’embryon de prémices annonçant les balbutiements d’un commencement de réflexion sur le sujet. Ce qui est cool.

Perso, j’espère que ça va donner de bons résultats (j’espère que « WTF » est dans le lot et qu’il sera bien rendu).

______
* Genre de mot qui, avouons-le, donne vachement de la classe à tout billet, blog, et que j'utilise toujours au moins une fois dans tous mes devoirs de philo/linguistique/français/mime.

jeudi 11 février 2010

Quand on a l’occasion de choisir son opportunité



D’après vous, l’affiche annonçant un emploi est-elle fautive ou pas? Parler d’opportunités d’emploi, ça vous choque? Il semble que les avis soient partagés sur la question et que là où certains voient un usage inapproprié d’un mot qui calque son sens sur son homologue anglais, d’autres au contraire voient l’extension du sens initial du mot français. Voici quelques capsules déjà rédigées à ce sujet :

Office québécois de la langue française (OQLF) :
L’OQLF critique l’acception et étiquette cette dernière comme anglicisme, en recommandant d’utiliser plutôt occasion pour rendre le sens du « opportunity » anglais.

Guy Bertrand, linguiste à Radio-Canada :
Monsieur Bertrand, quant à lui, semble dire que l’emploi d’opportunité au sens de « chance » ou « occasion » est maintenant passé dans l’usage, bien qu’on puisse en éviter l’emploi en remplaçant par d’autres formules.

Trésor de la langue française :
« OPPORTUNITÉ, subst. fém.
A. Caractère opportun (de); caractère de ce qui est opportun. Synon. à-propos, convenance.
1. Opportunité de + subst. ou inf.
2. [Sans compl. prép. de]
2. a) Avoir le sens de l'opportunité. Savoir d'instinct ce qu'il convient de faire dans telle situation.
2. b) D'opportunité. De convenance, de circonstance.
B. Par méton. Occasion ou circonstance favorable. »

Référence : http://atilf.atilf.fr/tlf.htm, sous l’entrée opportunité

Comme on le constate, le Trésor présente, au sens B, un sens métonymique d’opportunité, qui semble rejoindre le sens d’« occasion » qu’on juge emprunté à l’anglais. Cette interprétation métonymique est, à mon sens, fort intéressante.

Conclusion?
Ainsi, il vous revient, locuteur, d’employer l’acception d’opportunité au sens d’« occasion », en défendant votre choix sur le principe selon lequel la beauté d’une langue vivante vient du fait qu’elle évolue constamment et qu’elle est continuellement influencée par les langues qu’elle côtoie; ou alors, au contraire, de refuser d’utiliser cette acception critiquée en mettant à profit un vocabulaire riche et précis, qui existe déjà dans notre belle langue française. Le choix est vôtre : profitez-en!

mercredi 10 février 2010

Beaux termes du lundi


Les terminologies offrent des possibilités infinies d’enrichissement lexical personnel. Certains termes exhibent une enveloppe phonique si plaisante qu’on souhaiterait les intégrer à notre quotidien en les affublant d'un sens métaphorique.


Sénestrochère
Bras gauche représenté sur un écu. (Le Robert)

L’élément senestr- dérive du latin ou de senestre («gauche, qui est du côté gauche»).
Du grec kheir main, désigne en blason la figure d’un bras gauche. (Le Robert Historique)

Sens métaphorique suggéré:
Coup de poing au visage.

Ex: Le viril portier me gratifia d'une vigoureuse sénestrochère.


Jusant
Marée descendante. (Le Robert)

Sens métaphoriques suggérés:
Vieillesse. (trop facile)
Fin de soirée.

Ex: Au jusant, trois piliers s'attardaient.


Mainmorte
Dans «droit de mainmorte»: droit pour le seigneur de disposer des biens laissés par son vassal.

Sens métaphorique suggéré:
La question est lancée; j'attends vos suggestions.

lundi 1 février 2010

Les verbes alternatifs du lundi


Ne dites pas tasser, dites:
esquicher
(Dans le midi) Comprimer, presser, serrer, tasser.
Les voyageurs étaient esquichés dans le car.

Ne dites pas lapider, dites:
caillasser
(Familier) Jeter des cailloux, lapider.

Ne dites pas crier, dites:
carcailler

mardi 26 janvier 2010

Des godasses à 500 $, trouvez-vous ça dispendieux?


On entend et on utilise souvent certains mots de façon incorrecte, sans même s’en douter. Généralement, c’est que l’erreur est très répandue, « passée dans l’usage » et donc, on croit que le message est compris comme on le souhaite. Mais selon à qui on s’adresse, il est peut-être présomptueux de croire que notre interlocuteur utilise nécessairement notre idiolecte (idiolecte : « (Linguistique) Ensemble des particularités langagières propre à un individu donné. »(1)).

Ainsi, je m’intéresse aujourd’hui à une nuance fine du mot dispendieux, puisqu’elle semble inconnue de nombreuses gens.

Soit les exemples suivants :

« Je ne peux pas m’offrir ces chaussures à 500 $, elles sont beaucoup trop dispendieuses! »,

« Mon amie m’a vendu sa voiture Hyundai Accent 1998 pour la somme de 500 $. Je trouve toutefois que cette voiture est dispendieuse. »,

« Mon amie s’est acheté une voiture neuve pour 35 000 $. Je trouve cette voiture dispendieuse! ».

Selon vous, laquelle de ces trois phrases présenterait un usage inapproprié du terme dispendieux? La deuxième? Parce qu’un voiture à 500 $, c’est une vraie aubaine, me direz-vous?

Avant de vous donner la réponse (dont vous vous doutez maintenant sûrement puisque j’y ai attiré votre attention), allons voir de plus près ce qu’en disent quelques dictionnaires.

Ce qu’en dit Le Petit Robert :
« Qui exige une grande dépense. Synonymes : cher, coûteux, onéreux. »(2)

Jusqu’ici, on n’est pas vraiment plus avancés. C’est quoi exactement, « une grande dépense »? 500 $ en soi, c’est une grande dépense? On pressent que pour des chaussures, oui, mais pour une voiture, non. Pour la voiture à 35 000 $, par contre, on peut dire avec confiance qu’il s’agit là d’une grande dépense. Donc, selon cette définition, notre intuition nous indique que les chaussures et la voiture neuves sont dispendieuses, alors que la voiture à 500 $ ne l’est pas. Pourtant, 500 $, c’est 500 $, non? Comment définir ce qu’est « une grande dépense »? Il semble manquer à cette définition une notion de ‘par rapport à ce qu’on s’attend à payer’, plus ou moins. Personnellement, je trouve que cette définition du Petit Robert est bien nébuleuse (ou incomplète). Mais poursuivons…

Ce qu’en dit Le Petit Larousse :
« (Litt.) Qui occasionne beaucoup de dépenses. »(1) (utilisation littéraire : « mot que l’on rencontre surtout dans les textes écrits »(1))

Bon, ici, déjà une nuance commence à se dessiner. On peut en effet dire qu’une voiture occasionne beaucoup de dépenses (il faut dépenser pour la garder en bon état, pour se procurer son carburant, etc.). Mais peut-on vraisemblablement dire qu’une paire de souliers occasionne des dépenses? Outre l’achat initial des godasses (avouez que godasses, pour des pompes à 500 $, c’est étrange, non? – encore là matière à capsule, peut être? : « quelles sont les nuances sémantiques parmi les différents synonymes de vestiments pédestres »!)… Euh, je disais donc : outre l’achat initial des chaussures et, si on pousse un peu la chose, outre (peut être!) l’achat de quelques produits pour lustrer, nettoyer ou imperméabiliser lesdites chaussures, aucuns autres frais (et hop! on a de la suite dans les idées n’est-ce pas? si vous doutez de l’accord de aucuns, retournez lire ma capsule de la semaine dernière – et vive l’autopromotion!) ne devraient être engagés pour les chaussures. Verdict : les godasses, même à 500 $, ne sont donc pas dispendieuses. Mais mais mais… que sont-elles, dans ce cas?

Ce qu’en dit le Multidictionnaire :
« (Litt.) Qui entraîne beaucoup de dépenses. SYN. coûteux, onéreux.
NB : L’emploi de cet adjectif est courant au Québec, mais il est vieilli ou littéraire dans le reste de la francophonie.
NB : Ne pas confondre avec l’adjectif cher, d’un prix élevé. »(3)

Et voilà! Le gentil Multi nous éclaircit tout ça! Les chaussures à 500 $ n’étaient donc pas dispendieuses, mais chères! Et la voiture neuve à 35 000 $ est chère elle aussi, mais elle ne devrait vraisemblablement pas devenir particulièrement dispendieuse (sinon un peu quand même) avant quelques années.

Voici d’ailleurs ce que nous dit le Multi du mot cher, dans l’acception qui nous intéresse :
« Qui coûte beaucoup d’argent. »(3)

Ainsi, ma voiture à 500 $ n’était absolument pas chère, mais demeure dispendieuse (je vous montrerai les factures de réparation et d’entretien, à témoin). Pour dire vrai, elle devient de plus en plus dispendieuse au fil des années. Il faudra d’ailleurs sûrement que je songe à m’en acheter une neuve (donc une qui soit chère, malheureusement) bientôt. Parce que fatalement : si elle est chère (mais surtout neuve donc), elle ne devrait plus être dispendieuse… du moins pour quelques années.


(1) [Le Petit Larousse illustré, édition 1996. Paris.]
(2) [Le nouveau Petit Robert, édition 2004. Paris.]
(3) [DeVillers, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]

lundi 25 janvier 2010

La famille lexicale du lundi


Rodomontade et Rodomont!

Le premier nomme les actions et propos du second: bravade, fanfaronnade, vantardise.

Et le second, substantif et adjectif, copiant le nom d'un personnage de l'Arioste, désigne ou qualifie un fier-à-bras, un bravache.


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Source: Le Petit Robert