Vous connaissez ce jeu amusant qui consiste, en lisant l’hébreu, à deviner les voyelles que, par parti pris ludique, on n’écrit plus que pour les enfants et les aveugles?

La communauté sémite n’est pas la seule à cultiver l’usage de la devinette systématique dans l’usage de sa langue. Nos cousins anglo-saxons, en effet, font de même en permettant l’agglutination débridée de noms, liés entre eux par des relations sémantiques tacites que le lecteur/interlocuteur non natif en est réduit à deviner (voire à inventer), sans préposition ni indice pour le guider dans son interprétation (sa construction?) du sens précis de la phrase.
Ce procédé syntaxique, bien qu’il puisse sembler, à première vue, pour un esprit français ultra-analytique, nuire au potentiel de précision des énoncés, comporte certains avantages: facile à apprendre et à utiliser, souple, robuste, laissant la porte ouverte à toutes les interprétations, cultivant un flou artistique reflétant bien le principe de liberté individuelle si cher à la culture anglo-saxonne.
On ne s’étonnera pas que certains milieux professionnels francophones en soient venus à l’adopter aussi dans la production de leur documentation technique.
Qu’est-ce, en fin de compte, qu’un «processus système»?
La réponse vous appartient.
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