jeudi 11 février 2010

Quand on a l’occasion de choisir son opportunité



D’après vous, l’affiche annonçant un emploi est-elle fautive ou pas? Parler d’opportunités d’emploi, ça vous choque? Il semble que les avis soient partagés sur la question et que là où certains voient un usage inapproprié d’un mot qui calque son sens sur son homologue anglais, d’autres au contraire voient l’extension du sens initial du mot français. Voici quelques capsules déjà rédigées à ce sujet :

Office québécois de la langue française (OQLF) :
L’OQLF critique l’acception et étiquette cette dernière comme anglicisme, en recommandant d’utiliser plutôt occasion pour rendre le sens du « opportunity » anglais.

Guy Bertrand, linguiste à Radio-Canada :
Monsieur Bertrand, quant à lui, semble dire que l’emploi d’opportunité au sens de « chance » ou « occasion » est maintenant passé dans l’usage, bien qu’on puisse en éviter l’emploi en remplaçant par d’autres formules.

Trésor de la langue française :
« OPPORTUNITÉ, subst. fém.
A. Caractère opportun (de); caractère de ce qui est opportun. Synon. à-propos, convenance.
1. Opportunité de + subst. ou inf.
2. [Sans compl. prép. de]
2. a) Avoir le sens de l'opportunité. Savoir d'instinct ce qu'il convient de faire dans telle situation.
2. b) D'opportunité. De convenance, de circonstance.
B. Par méton. Occasion ou circonstance favorable. »

Référence : http://atilf.atilf.fr/tlf.htm, sous l’entrée opportunité

Comme on le constate, le Trésor présente, au sens B, un sens métonymique d’opportunité, qui semble rejoindre le sens d’« occasion » qu’on juge emprunté à l’anglais. Cette interprétation métonymique est, à mon sens, fort intéressante.

Conclusion?
Ainsi, il vous revient, locuteur, d’employer l’acception d’opportunité au sens d’« occasion », en défendant votre choix sur le principe selon lequel la beauté d’une langue vivante vient du fait qu’elle évolue constamment et qu’elle est continuellement influencée par les langues qu’elle côtoie; ou alors, au contraire, de refuser d’utiliser cette acception critiquée en mettant à profit un vocabulaire riche et précis, qui existe déjà dans notre belle langue française. Le choix est vôtre : profitez-en!

2 commentaires:

  1. Si vous avez à cœur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
    Merci à l'avance!

    CENTRE-VILLE DE MONTREAL

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    Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos.

    Déjà un millier de dérogations à la Charte de la langue française!

    Et ce ne sont ni des rumeurs, ni des ouï-dire, ni des peurs mal-fondées, ni des épouvantails à moineaux, ni des conclusions théoriques basées sur des rapports de statistiques tronquées produits par l'O.Q.L.F; Ce n'est qu'un constat sur le terrain.
    Et comme Paul Watzlawick, philosophe et grand psychanalyste, dit bien dans sa formule: "La déliquescence des cultures précède la disparition des sociétés".
    « Quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule. » – Pierre Bourgault

    Allez visiter le site web d'Impératif Français pour voir en totalité le millier d'infractions à la loi 101 au centre-ville de Montréal :
    http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html


    Pour un bref aperçu (si vous manquez de temps), allez visiter ce lien:
    http://www.youtube.com/user/montrealenfrancais

    Gilles Thompson

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  2. Je crois que vous auriez l'occasion de vous arracher les cheveux de désespoir en venant à Paris... Où c'est encore pire !
    Tinky, un peu écœurée.

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